Écrans. Les hommes bisexuels, nouvelles égéries d’Hollywood
Il y a eu Buck dans la septième saison de 9-1-1, Darryl Whitefeather dans Crazy Ex-Girlfriend et Benedict Bridgerton dans la série du même nom.
Et de fil en aiguille, “on constate une multiplication des personnages masculins bisexuels qui ne se réduisent ni à des caricatures ni à des rôles secondaires”, se réjouit la revue britannique Gay Times, qui parle même de “renaissance des bisexuels à la télévision”.
Or, cette révolution n’est pas anodine.
Depuis vingt ans, la télévision est devenue le fer de lance de la représentation des personnes LGBTQI, grâce à des séries désormais classiques comme Queer as Folk, Pose, Noah’s Arc, The L Word, Will & Grace, et bien d’autres, énumère Gay Times.
Pourtant, en dépit de cette visibilité accrue, il restait encore des marges d’amélioration, notamment sur la représentation des personnes bisexuelles.
“Si une multitudede séries queer-friendlyont mis en scène despersonnages principauxd’hommes gays dans touteleur complexité, on ne peuten dire autant des hommes bi,traditionnellement présentéscomme des méchantsen raison de leur sexualitéou réduits à des stéréotypeshors d’âge.”
La revue britannique Gay Times
Mais depuis quelque temps, la représentation de la bisexualité évolue. Et pour le meilleur : “Alors que ses anciennes incarnations le représentent souvent comme un homme fourbe (Loki dans Loki) ou perturbé (Caleb dans Shameless), le nouveau bisexuel est là pour rassurer, titiller ou les deux”, constate The Wall Street Journal.
“La bisexualité est particulièrement présente dans les contenus destinés à la Gen Z”, renchérit le quotidien américain, qui cite, pêle-mêle Heartstopper, L’Été où je suis devenue jolie, Sex Education, Hartley, cœurs à vif, What We Do in the Shadows et Entretien avec un vampire.
“C’est une vision nouvellede cette bisexualitédont les chercheurset les non-initiés tententdepuis des décenniesde nier l’existence.”
Le quotidien américain The Wall Street Journal
Pourquoi c’est important ?
Parce que longtemps, de nombreux homosexuels considéraient les personnes bi comme des gens manipulateurs ou dans le déni, tandis que les hétérosexuels leur reprochaient souvent de profiter de la tendance des identités alternatives – d’une manière qui n’exige ni engagement ni changement de comportement, rappelle le quotidien américain.
Alors pourquoi ça change ? Et pourquoi maintenant ?
Le Wall Street Journal avance deux hypothèses. La première, c’est qu’il est possible que la bisexualité masculine offre aux femmes hétéros une forme de fantasme de compensation face à la manosphère.
La seconde, c’est que suggérer la bisexualité est une façon pour Hollywood d’attirer les publics jeunes.
“Reste queles personnages bisexuelsreflètent peut-êtreune réalité démographique.”
Le quotidien américain The Wall Street Journal
Rappelons qu’aux États-Unis près de 7 % des hommes de la Gen Z se disent bisexuels.
Soit plus du double de ceux qui se déclarent gays – sans compter ceux qui se définissent comme “pansexuels” ou “à la sexualité fluide”.
La bonne nouvelle, c’est que ces représentations dessinent une réalité niée pendant des années. Déjà, la bisexualité n’est pas une “passade”. Et de manière plus générale, la sexualité ne saurait se soumettre à des catégories. Elle est un spectre.—
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