L’affrontement ne baisse pas d’intensité entre les rebelles houthistes du Yémen et l’Arabie saoudite qui soutient les forces gouvernementales du pays face à l’offensive éclair des combattants pro-iraniens. Ces derniers ont revendiqué, dimanche 13 septembre, une attaque avec des drones et des missiles contre une base dans le sud du royaume, en réplique, disent-ils, à de multiples bombardements saoudiens.
Cette attaque a ciblé « des dépôts d’armes ainsi que des centres de commandement et de contrôle d’où est dirigée l’agression contre notre nation et notre peuple, sur la base militaire de Sharurah », près de la frontière avec le Yémen, a déclaré, sur X, le porte-parole militaire des houthistes, Yahya Saree. Peu avant, la défense civile saoudienne avait fait état de deux blessés à la suite de la chute d’un projectile tiré par les rebelles yéménites dans la région de Jiza, également frontalière.
Les rebelles pro-iraniens, qui avaient annoncé en juillet un blocus maritime contre l’Arabie saoudite et visé ses pétroliers, ont lancé une attaque d’ampleur, cette semaine, contre le royaume. Ce dernier est à la tête d’une coalition de soutien aux forces gouvernementales du Yémen qui ont subi d’importants revers ces derniers jours.
Les houthistes, qui contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa, et Hodeida (Ouest), ont progressé sur la côte en quelques jours, s’emparant, jeudi, de la ville portuaire de Moka. Ils ont ensuite pris le contrôle de la côte et des îles en mer Rouge, consolidant le lendemain leur emprise sur le détroit stratégique de Bab Al-Mandab, par lequel passe le trafic maritime à destination et en provenance du Canal de Suez. L’Arabie saoudite risque ainsi de perdre tout débouché maritime, alors que l’Iran bloque depuis six mois le détroit d’Ormuz sur sa côte orientale.
Trump refuse d’aider Riyad
Face à cette progression des houthistes, les forces gouvernementales du Yémen ont, elles, affirmé, samedi, avoir attaqué les rebelles près de Moka ainsi que sur la route menant à Dhubab, plus au sud, ajoutant, dimanche matin, avoir mené trois raids aériens dans la province de Taëz.
Après des années d’accalmie à la faveur d’une trêve entre le gouvernement et les houthistes, le Yémen a replongé en juillet dans la guerre, sur fond de conflit entre l’Iran et les Etats-Unis. Le conflit met sous pression l’Arabie saoudite, attaquée également plusieurs fois par l’Iran ces derniers mois, comme d’autres alliés des Etats-Unis dans le Golfe.
Selon le média américain en ligne Axios, le prince héritier et dirigeant de fait de l’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, avait appelé Donald Trump à deux reprises, jeudi, pour lui demander de frapper les combattants yéménites, mais avait été éconduit. Le président américain a déclaré, samedi, que les houthistes, qui avaient subi des bombardements américains en 2025 pour s’être attaqués à des bateaux commerciaux dans le détroit de Bab Al-Mandab pour soutenir le Hamas dans sa guerre contre Israël, lui ont demandé de ne pas intervenir dans la guerre au Yémen.
Mouvements de population
Les combats de ces dernières semaines dans l’ouest du Yémen ont fait des centaines de morts et ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes, notamment un afflux de réfugiés vers Aden, la grande ville du sud où siège le gouvernement reconnu par la communauté internationale.
Plus de 70 000 personnes ont fui, rien que depuis septembre, selon un porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui met en garde « contre une crise de déplacement ».
« Les stocks d’urgence ont déjà été épuisés après les interventions menées récemment pour faire face à des inondations », a averti l’OIM dès vendredi, en soulignant les besoins urgents d’abris, de nourriture, d’eau, et autres matières de première nécessité.
Les autorités de Djibouti ont déclaré, samedi, que quelque 1 400 personnes avaient fui le Yémen en vingt-quatre heures vers le territoire de ce petit pays de la Corne de l’Afrique qui borde le détroit de Bab Al-Mandab.