“Des pompes, des batteries et des courroies” quittent Düsseldorf en mai 2024. L’entreprise allemande Kraemer Mining les a vendues pour quelque 9 000 euros à une société au Kirghizistan. Après une escale aux Maldives, la cargaison repart quelques jours plus tard à bord d’un avion d’Aeroflot pour Moscou, avec un nouveau destinataire russe et un document de transport qui ne mentionne plus ni le vendeur allemand ni l’origine des marchandises.

C’est en remontant ce type d’itinéraires, grâce à des “feuilles de route, le document de bord d’un cargo et des échanges de courriels entre entreprises de logistique”, que The Wall Street Journal a découvert une filière passée jusqu’ici sous les radars. “Plusieurs centaines de millions de dollars de marchandises interdites ou destinées à des entreprises sous embargo” auraient ainsi circulé par l’aéroport de Malé, capitale et ville la plus peuplée de l’archipel.

Chaque matin, un vol d’Aeroflot, principale compagnie aérienne russe, s’y pose, avant de repartir environ deux heures plus tard vers Moscou. Entre les deux, des intermédiaires locaux prennent le relais : les cargaisons contenant des “marchandises américaines, européennes et chinoises” restent officiellement en transit, ne sont pas enregistrées comme des importations maldiviennes et passe