La tentation de militariser la sécurité publique pour lutter contre le crime organisé se répand de manière constante en Amérique latine, même si ses résultats à long terme suscitent de profondes interrogations”, s’inquiète El País América dans un long article d’analyse. Confrontés à la violence, différents gouvernements de la région ont recours ces dernières années aux forces armées pour “patrouiller dans les rues, assumer la gestion des prisons ou soutenir les états d’exception prolongés”.

Dernier en date : le gouvernement péruvien. La nouvelle présidente, Keiko Fujimori, fille de l’ancien autocrate Alberto Fujimori (1990-2000), a annoncé fin juillet, parmi ses premières mesures, le renforcement du poids des militaires, notamment durant les états d’urgence qu’elle envisage de déclarer alors que son pays est, selon elle, dans la situation d’un “État à la dérive”. Son objectif est qu’ils “assument la direction des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre intérieur, en étroite coordination avec la police nationale”, dans la rue et dans les transports en commun, mais aussi qu’ils se chargent de la gestion des prisons.

“Persister dans la militarisation, c’est persister dans l’échec, estime dans un éditorial le quotidien progressiste La República. Le problème du Pérou ne rés