À l’époque où les dernières pyramides étaient érigées en Égypte, des édifices tout à fait différents étaient construits en Sardaigne : près de 8 000 tours imposantes qui, encore aujourd’hui, sont une des grandes énigmes de l’archéologie. En partie ou entièrement préservées, elles s’étendent sur cette île de la Méditerranée comme un réseaux de gardiens de pierre.
Les nuraghes, comme on les appelle – et le sens du mot est lui-même un mystère –, témoignent du raffinement architectural d’un des peuples les plus ingénieux de l’âge du bronze. “Elles ont dû être édifiées par de grandes communautés”, explique l’archéologue Emily Holt.
Depuis quinze ans, cette professeure de l’université de Buffalo, dans l’État de New York, étudie ces bâtiments mégalithiques qui ont été construits entre 1750 et 1200 av. Jésus-Christ. Et ce faisant, elle cherche la réponse à la question principale, celle de leur vocation.
Des portes vers d’autres mondes
Les textes anciens racontent qu’ils recelaient des trésors, qu’ils étaient l’œuvre de géants ou qu’ils servaient de portes vers d’autres mondes. Il semble que quelques-unes de ces tours aient mesuré jusqu’à trente mètres de haut, soit l’équivalent d’un immeuble de neuf étages. Si bien qu’elles sont également surnommées les “giganti” dans le langage courant
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