En Espagne, la tortilla de patatas est l’objet de débats fiévreux, entre partisans de la version bien cuite ou de l’option baveuse, ou encore entre concebollistas et sincebollistas (“avecoignonnistes” et “sansoignonnistes”, soit inconditionnels de l’oignon ou opposants farouches). Les Tanzaniens possèdent aussi une recette d’omelette aux pommes de terre, mais pas de débat sur l’oignon : il n’y en a jamais dans la chipsi mayai, recette traditionnelle emblématique de la cuisine de rue. Pourtant, l’oignon est très présent dans la gastronomie tanzanienne, où beaucoup de recettes carnées l’incorporent : ng’ombe kitunguu (bœuf aux oignons), kuku kitunguu (poulet à l’oignon) ou mbuzi kitunguu (chevreau à l’oignon). Vous l’aurez deviné, oignon se dit… kitunguu.

La chipsi mayai (littéralement “pommes de terre sautées et œufs”, en swahili), aussi appelée mayai wazimu (“œufs fous”), se compose dans sa version la plus orthodoxe d’œufs, donc, et de pommes de terre frites, découpées en lanières ou en bâtonnets (et non en tranches fines comme sa cousine d’Espagne), que l’on mélange jusqu’à l’obtention d’une omelette plus ou moins épaisse. Des ingrédients modestes, une préparation simple, et cependant un débat, en Tanzanie aussi : dans l’huile végétale (de palme, le plus souvent) préalablement