Toutes en robes imprimées vichy rouge, des fillettes chargées de lourds bidons de plastique jaune traversent en riant la cour de récréation. Il ne s’agit pas d’un jeu. Plutôt un service rendu aux quelque 2 800 élèves âgés de 3 à 13 ans fréquentant l’école publique Centre 1 de Dixinn, dans la banlieue de Conakry, la capitale guinéenne.
« L’eau ne coule qu’une fois par jour à l’unique robinet d’ici, il faut donc faire des provisions, notamment pour les latrines », explique Ibrahima Naby Camara. Du doigt, le directeur de l’école désigne les toilettes : quatre portes branlantes qui laissent entrer la lumière autant que les regards. « Ces conditions, là, c’est un problème notamment pour les filles, ajoute-t-il, surtout pour les plus grandes en période menstruelle. » Lorsqu’elles sont indisposées, beaucoup d’entre elles préfèrent ne pas venir à l’école.
Ce phénomène est loin d’être anecdotique. Il participe au décrochage scolaire des jeunes filles et creuse les inégalités avec les garçons dans une société guinéenne patriarcale qui favorise l’éducation de ces derniers. Un rapport de la Banque mondiale, publié en 2022, intitulé « Libérer le potentiel des femmes et des filles », soulignait déjà que le manque d’installations sanitaires à l’école constitue « un obstacle majeur à la scolarisation des filles ».
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