Comment la Guinée peut-elle se protéger d’une éventuelle propagation des activités des djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), présent au Mali, avec qui elle partage plus de 800 kilomètres de frontière ? Ces deux dernières années, le GSIM a multiplié les attaques à proximité du nord-est guinéen, relève l’Institut d’études de sécurité (ISS Africa), “visant notamment un poste de police, un de douane et des sites miniers chinois” côté malien.
“Le 22 avril dernier, le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a créé par décret le Commandement des opérations spéciales, une structure interarmées dont l’une des missions principales est de participer à la lutte contre l’expansion du terrorisme”, poursuit l’analyse.
Les chercheurs saluent cette prise de conscience, tout en alertant sur les limites d’une réponse purement militaire qui ne prendrait pas en compte les “vulnérabilités internes” de la Guinée : “Des tensions intercommunautaires persistantes, une économie aurifère dont la régulation échappe en partie à l’État et de multiples trafics.”
Un catalyseur de la menace djihadiste
Des faiblesses corrélées, car les affrontements sont observés en particulier dans la préfecture de Siguiri, grande zone aurifère à quelques encablures de la frontière malienne. Et ils découlent de la “convoitise autour des ressources aurifères abondantes”, cette même convoitise qui pousse également le GSIM à contrôler les zones d’orpaillage dans le Sahel central.
Les trafics d’or et de bétail constituent des sources de financement majeures pour les djihadistes, et d’éventuels foyers de tension pourraient de surcroît “jouer un rôle de catalyseur dans l’expansion de la menace.” Associés à cette “économie de l’orpaillage”, le trafic d’armes et les réseaux de contrebande forment une autre “vulnérabilité réelle” sur laquelle les djihadistes pourraient s’appuyer.
Enfin, l’étude s’intéresse à “la récente volonté des autorités maliennes d’utiliser le corridor Conakry-Bamako comme alternative” aux axes routiers Dakar-Bamako et Abidjan-Bamako pour acheminer du carburant. Une hypothèse qui, estiment-ils, “pourrait inciter le [GSIM] à étendre ses activités entre Bamako et Kourémalé [non loin de Siguiri, dans le nord-est guinéen]”.
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