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Géopolitique

Les risques de la transition au Venezuela, sept mois après la capture de Nicolas Maduro

Des pourparlers entre pouvoir et opposition sont ouverts, depuis jeudi, pour remettre le pays sur les rails de la démocratie et relancer l’économie. Mais l’écrasante tutelle des Etats-Unis sur Caracas ne manque pas de soulever des questions.

Les risques de la transition au Venezuela, sept mois après la capture de Nicolas Maduro
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Un dialogue délicat vient de s’ouvrir au Venezuela, le 6 août, entre un pouvoir devenu illégitime et une opposition longtemps fragilisée par ses divisions internes. Il s’agit d’une des conséquences de l’enlèvement orchestré par les Etats-Unis, le 3 janvier, au mépris du droit international, de celui qui était alors le maître de Caracas, Nicolas Maduro, désormais poursuivi à New York pour narcotrafic. Ce dialogue a pour but de refermer définitivement la page d’une expérience politique, le chavisme, qui a précipité un pays riche en hydrocarbures dans la pauvreté tout en se perdant dans l’autoritarisme.

Sortir le Venezuela de cette double ornière s’annonce ardu. Après le départ forcé de millions de Vénézuéliens sous l’effet d’une économie en chute libre, le double séisme particulièrement meurtrier qui a frappé le pays en juin a rappelé l’état de déréliction de ses infrastructures et la décomposition de ses services gouvernementaux.

Les discussions entre le pouvoir et l’opposition qui viennent de s’ouvrir visent le second chantier : remettre le Venezuela sur les rails de la démocratie. Elles ont été rendues possible par le retour à Caracas d’une figure de l’opposition jusque-là en exil, Dinorah Figuera. Cette dernière était à la tête du groupe parlementaire de l’opposition qui avait remporté la majorité à l’Assemblée nationale en 2015, sans parvenir à faire sauter les verrous du pouvoir.

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Son interlocuteur est le propre frère de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, Jorge Rodriguez. Il est le président d’une Assemblée nationale issue d’élections, en 2025, dont aucun pays occidental n’avait considéré qu’elles n’avaient pas été plus libres et plus équitables que la présidentielle organisée un an plus tôt.

A Washington, Donald Trump ne cesse de louer l’empressement des anciens subordonnés de Nicolas Maduro à collaborer avec son administration et en particulier avec le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, qui dispose dans les faits d’une influence digne d’un proconsul à Caracas. Le président des Etats-Unis vante également les revenus jugés colossaux tirés du pétrole vénézuélien captés selon lui par les Etats-Unis depuis leur coup de force et dont le montant serait, selon ses dires, supérieur à 13 milliards de dollars (11,3 milliards d’euros).

Cette écrasante tutelle américaine soulève deux questions. La première concerne l’économie. La transition ouverte le 3 janvier a certes donné un ballon d’oxygène au Venezuela, avec la levée de sanctions américaines qui s’est accompagnée de la reprise des relations avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Le fait qu’une partie des revenus pétroliers soit utilisée, selon les observateurs, par les compagnies pétrolières étrangères comme Chevron, pour réinvestir dans un outil de production devenu obsolète et pour payer les dettes de Caracas envers ces compagnies, risque cependant d’alimenter la frustration, compte tenu des urgences mises en évidence par le double séisme.

La seconde question concerne la sincérité du dialogue politique qui doit préparer l’alternance à Caracas. Cette question de la transition est aussi importante que celle de l’économie, mais on peut compter sur la détermination des anciens chavistes à s’accrocher au pouvoir, et Donald Trump, qui affaiblit avec constance les institutions de son propre pays depuis son retour à la Maison Blanche, ne semble guère se soucier de démocratie.

Le Monde

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