Football. Loups blancs, Requins bleus, Faucons verts : le bestiaire des vestiaires du Mondial
Quarante-huit équipes réparties en douze groupes : la Coupe du monde 2026 de football, du 11 juin au 19 juillet au Mexique, aux États-Unis et au Canada, verra s’affronter un nombre record de sélections, avec seize pays de plus que lors de la précédente édition.
Chaque sélection a un surnom, “souvent lié à la culture, aux symboles nationaux ou tout simplement aux couleurs du drapeau”, explique le site belge La DH Les Sports+, qui les a listés.
Bien sûr, le journal sportif commence par rappeler celui du onze belge : les Diables rouges, qui seraient, “avec la famille royale et l’amour des frites, le ciment de l’unité du pays”. Rien que ça.
Après examen de la liste complète des équipes participantes, voici quelques statistiques.
Sur les 48 équipes qualifiées pour le Mondial, 13 ont des surnoms d’animaux − c’est donc le cas de 27 % d’entre elles, soit un peu plus d’un quart.
On peut citer par exemple les Éléphants de Côte d’Ivoire, les Faucons verts d’Arabie saoudite, les Requins bleus du Cap-Vert, les Dragons de Bosnie-Herzégovine, ou encore les Loups blancs d’Ouzbékistan − ces derniers, d’ailleurs, participent à la compétition pour la toute première fois.
Notons que, parmi les surnoms des équipes, on compte quatre lions − voire plus, si l’on prend en compte le fait que l’Angleterre a triplé la mise en choisissant celui de “Three Lions” (“Les Trois Lions”).
À ce trio de félins anglais s’ajoutent les Lions de la Teranga au Sénégal, les Lions de Mésopotamie en Irak et les Lions de l’Atlas au Maroc.
S’ils avaient été qualifiés, on aurait pu compléter la liste avec les Lions indomptables du Cameroun, les Lions (tout court) de Bulgarie, les Lions rouges du Luxembourg et les Lions rouges de Macédoine du Nord (!), les Lions de Khorasan en Afghanistan (le Khorasan est une ancienne région perse à cheval sur plusieurs pays, dont l’Afghanistan), ou encore les Lions des Caraïbes à Cuba.
De nombreux surnoms mentionnent une ou plusieurs couleurs.
C’est le cas, pour cette édition, de 17 équipes, soit 35 % d’entre elles – plus du tiers. Il y a El Tricolor au Mexique, les Bleus en France, la Roja espagnole, les Black Stars au Ghana, ou encore l’Albiceleste en Argentine (albo est un synonyme littéraire de blanco, qui veut dire “blanc”, et celeste signifie “bleu ciel”).
Souvent, ces couleurs renvoient à celles du drapeau national, ou à un ancien drapeau, comme c’est le cas pour les Oranje aux Pays-Bas : l’orange était la couleur de leur premier drapeau, le drapeau du prince, apparu au XVIe siècle, au moment des révoltes contre la domination espagnole.
D’autres surnoms, il faut le dire, ne brillent pas par leur originalité. Ils pèchent même par leur manque de panache.
On peut citer la Team en Autriche (l’“Équipe”), la Mannschaft en Allemagne (encore l’“Équipe”), la Nati en Suisse (abréviation pour Nationalmannschaft, “équipe nationale”), ou encore la Landslaget en Norvège (dont le nom signifie, on vous le donne en mille, l’“Équipe nationale”). Difficile de faire plus factuel.
Certains, d’ailleurs, sont bien conscients de ce cruel manque de fantaisie. Dans un éditorial daté de février 2023, le journal Le Matin lançait même à ses lecteurs cet appel : “Aidez-nous à trouver un vrai surnom à l’équipe de Suisse.”
Et de s’interroger : “Ne serait-il pas urgemment temps d’enterrer cette horrible ‘Nati’ et de remplacer celui-ci par un surnom plus communément accepté et reflétant notre véritable identité ?”
Les changements de surnom n’ont rien d’impossible. Le quotidien suisse notait en 2023 que les Béninois venaient “d’abandonner les gentils ‘Écureuils’ pour se muer en de véloces ‘Guépards’”. Mais quel animal pourrait bien représenter la Suisse ?
Le Matin proposait plusieurs pistes : “Le caméléon pour sa science du camouflage ? Le chien saint-bernard pour sa propension à porter secours ? Un autre, mais lequel ?”
Malheureusement pour les supporteurs helvètes, aucun animal ne semble l’avoir emporté pour l’instant, puisque le onze suisse est toujours surnommé la “Nati”.
Pas de doute, c’est nettement moins évocateur que les Fennecs algériens ou les Socceroos australiens (contraction des mots soccer [“football”] et kangaroos [“kangourous”]).—
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