Il n’est que 9 heures du matin, mais je suis déjà en route vers l’enfer.
Je quitte la ville de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, en direction du nord, par la route nationale 1001, avant de prendre une bifurcation sur la droite vers San Sai. Je ralentis l’allure pour entrer dans le Wat Mae Kaet Noi, un complexe qui, à l’instar de n’importe quel autre temple thaïlandais, accueille les visiteurs avec des statues effectuant le salut bouddhique traditionnel devant la salle d’ordination. Mes pas me conduisent ensuite à un jardin à l’ombre de grands arbres. L’arche d’entrée franchie, je comprends tout de suite que je suis au purgatoire.
Bien que la notion d’enfer imprègne la religion chrétienne, la probabilité de trouver des statues représentant des personnes en train d’être torturées dans l’enclos paroissial d’une église chrétienne est faible. En revanche, de nombreux temples thaïlandais comportent un jardin bouddhique de l’enfer (narok), dont les statues ou les peintures murales avertissent les “pécheurs” de ce qui les attend dans l’au-delà. Mais, à ma connaissance, aucun ne présente des personnages et des automates d’aspect aussi réaliste que ceux du jardin du Wat Mae Kaet Noi.
Avant d’y pénétrer, je respire donc un bon coup.
Hurlements de douleur
La première statue qui s’of
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Les jardins, nouveaux lieux des utopies politiques
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