“Manuela Schwesig était bien sûr préparée”, commente l’hebdomadaire centriste Der Spiegel. Quelques jours seulement après le triomphe de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) en Saxe-Anhalt, la ministre-présidente sortante de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale a dévoilé une nouvelle affiche de campagne visant spécifiquement le parti d’extrême droite. Elle y posait, l’air sérieux, sur un fond rouge profond. “À côté de sa photo, il n’y avait ni son nom ni celui de son parti, seulement le slogan ‘La femme contre les bleus’” – le bleu étant la couleur généralement associée à l’AfD.

La sociale-démocrate entend tirer parti de la situation politique mouvementée de ces dernières semaines, analyse la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Elle agit “comme si elle était la seule à pouvoir arrêter l’AfD” et appelle les électeurs à voter utile en se tournant vers son parti. Et, d’après le quotidien conservateur, “son plan semble fonctionner”. Sa formation, le SPD, n’attirait il y a un an que 19 % des intentions de vote. Cette proportion est désormais passée à 33 %. L’Alternative pour l’Allemagne reste, certes, en tête avec 38 % d’approbation, “mais elle devrait être très loin de la majorité absolue le soir du scrutin”.

La stratégie anti-AfD adoptée par la quinquagénaire dans le Land de Mecklembourg