Une petite révolution technique se prépare. Jeudi 15 octobre dans l’après-midi, la 28e Conférence générale des poids et mesures (CGPM), chargée des questions internationales de métrologie depuis 1875, se prononcera par vote sur une résolution mettant fin à un système vieux de plus de cinquante ans. Le monde acceptera alors que son échelle de temps se décale inévitablement de son écoulement naturel, lié à la rotation de la Terre.
Nous vivons en effet avec deux références de temps différentes. L’une, UT1, dite aussi « astronomique », a été la première utilisée, pour la navigation notamment. Elle repose sur la rotation de la Terre sur elle-même, en vingt-quatre heures. Le temps moyen de Greenwich (GMT), défini par le passage du Soleil à la verticale du méridien, en est l’héritier.
Depuis les années 1970, une autre échelle, le temps universel coordonné (UTC), a été établie, reposant sur une nouvelle définition de la seconde, posée en 1967 par la CGPM, et elle-même liée à des mesures de propriétés des atomes. La qualité d’UTC est cruciale, car cette échelle sert à la synchronisation des satellites de géolocalisation, à l’horodatage des transactions financières, au bon acheminement des paquets d’information via Internet… « Depuis l’arrivée des satellites de géolocalisation, nous avons besoin de moins en moins d’UT1, et de plus en plus d’UTC », note Joseph Achkar, directeur de recherche au Laboratoire national de métrologie et d’essais.
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