« Iran, quand la terre tremble. Reportage 1978-1979 », de Michel Foucault, édité par Fabienne Brion, Julien Cavagnis, Sajjad Lohi et Chowra Makaremi, Gallimard, « Bibliothèque des sciences humaines », 400 p., 24,50 €, numérique 18 €.
Voici que les écrits de Michel Foucault sur la révolution islamique en Iran prennent la forme d’un livre. Les quatre éditeurs de ce volume ont réuni tous les textes apparentés aux « reportages d’idées » réalisés par Foucault de septembre 1978 à février 1979. Ils les ont complétés par quelques pièces du débat qu’ils suscitèrent en leur temps, articles et réponses, ainsi que par « l’atelier » de ces analyses, fragments, lettres, cahier d’entretiens. Mettant ainsi au jour l’archive du philosophe, ils rendent possible une évaluation nouvelle de textes et de positions politiques qu’ils pensent méconnues ou incomprises.
Il est vrai que les deux voyages de Foucault en Iran, en septembre et novembre 1978, puis ses conclusions qui se parachèvent en mai 1979 dans l’article publié dans Le Monde, « Inutile de se soulever ? », portent uniquement sur le soulèvement conduisant au départ du chah et ne disent rien de ce qui suit : l’instauration rapide du nouveau pouvoir et des premières institutions de la République islamique. Il est vrai que Foucault s’intéresse uniquement à « la stratégie du soulèvement » et qu’il refuse logiquement de répondre aux critiques qui évoquent les conséquences de celui-ci. Foucault a fait de l’expérience iranienne le laboratoire de sa propre expérience mentale : la réfutation vivante de la tradition révolutionnaire classique, de la liaison entre la révolution et la refondation de l’Etat.
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