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Géopolitique

Mohammed Iriqat, juriste : « Les divisions de l’Europe réduisent sa capacité à défendre son objectif politique au Proche-Orient : la solution à deux Etats »

Si elle tient à conserver la crédibilité de sa politique étrangère, l’Europe a intérêt à protéger le principe d’un Etat palestinien, mais également à veiller aux conditions de sa réalisation, estime le juriste, dans une tribune au « Monde ».

Mohammed Iriqat, juriste : « Les divisions de l’Europe réduisent sa capacité à défendre son objectif politique au Proche-Orient : la solution à deux Etats »
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Depuis plusieurs décennies, l’Europe affirme son attachement à la solution à deux Etats et à la création d’un Etat palestinien viable aux côtés d’Israël. L’Union européenne et ses Etats membres ont investi des ressources politiques, diplomatiques et financières considérables dans la construction des institutions palestiniennes et la préservation de cette perspective.

Mais une contradiction devient difficile à ignorer : que se passe-t-il lorsque les divisions au sein même de l’Europe affaiblissent sa capacité à défendre les conditions nécessaires à la solution politique qu’elle affirme soutenir ? Soutenir la solution à deux Etats ne peut se limiter à une déclaration de principes. Cela suppose aussi de protéger les conditions politiques et géographiques qui rendent sa réalisation possible.

En Cisjordanie occupée, la violence des colons, l’expansion des colonies, les restrictions d’accès aux terres et les pressions exercées sur les communautés palestiniennes constituent des enjeux sécuritaires ou humanitaires, mais pas seulement. Lorsqu’une famille quitte une communauté sous la pression de violences répétées, lorsqu’un agriculteur ne peut plus accéder à ses terres ou lorsque les colonies transforment progressivement la géographie du territoire, c’est aussi l’espace d’une future solution politique qui se réduit.

Le projet E1 d’expansion des colonies israéliennes en est l’un des exemples les plus sensibles. Sa mise en œuvre pourrait accentuer la fragmentation territoriale de la Cisjordanie et compromettre davantage la continuité nécessaire à la création d’un Etat palestinien viable. La réaction européenne à E1 révèle cette difficulté. En août, la Slovénie n’a pas soutenu un projet de déclaration au nom des 27 Etats membres. Faute de consensus, la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, s’est finalement exprimée en son propre nom plutôt qu’au nom de l’ensemble des Vingt-Sept.

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