Le premier ministre moldave, Alexandru Munteanu, a annoncé vendredi 3 juillet sa démission, après à peine huit mois au pouvoir dans ce pays en quête d’adhésion à l’Union européenne (UE).
« J’ai accepté la responsabilité de servir comme premier ministre avec un profond sens du devoir et la conviction ferme que je pouvais contribuer à un changement positif », a déclaré vendredi matin sur Facebook M. Munteanu, ajoutant : « Je ne peux plus exercer mon mandat conformément à mes principes et à mes convictions. »
Novice en politique, M. Munteanu, 62 ans, avait été nommé à ce poste à la fin d’octobre 2025 par la présidente, Maïa Sandu, favorable à l’Union européenne, dont le Parti action et solidarité (PAS) avait remporté les législatives au cours du mois précédent. Le PAS, au pouvoir depuis 2021, avait remporté la majorité au Parlement, dans un scrutin marqué par des accusations d’ingérence russe, niées par Moscou.
Cette démission représente un défi pour la Mme Sandu, qui avait choisi l’homme d’affaires, lequel a également travaillé à la Banque mondiale, comme elle, pour stimuler l’économie du pays – l’un des plus pauvres d’Europe, frontalier de l’Ukraine et de la Roumanie –, qui veut rejoindre l’Union européenne (UE).
« Le premier ministre avait les mains libres »
Mme Sandu a annoncé qu’elle allait consulter dès la semaine prochaine les factions parlementaires, en vue de nommer un nouveau premier ministre, lors d’une conférence de presse. « Nous devons repenser un certain nombre de décisions, notamment en matière de politique fiscale et de loi sur la rémunération dans le secteur public », a-t-elle déclaré, ajoutant vouloir disposer d’« une équipe gouvernementale unie et forte, capable de concrétiser l’objectif [du] pays : l’adhésion à l’UE ».
A la mi-juin, les ministres des affaires étrangères de l’UE ont officiellement donné le coup d’envoi d’une première série de négociations avec l’Ukraine et la Moldavie, après la levée d’un veto hongrois qui bloquait tout le processus depuis 2024.
En attendant, M. Munteanu restera premier ministre par intérim. « Les spéculations selon lesquelles il voulait combattre les abus mais qu’on ne l’y a pas autorisé sont fausses. Le premier ministre avait les mains libres pour diriger le gouvernement comme il l’entendait », a affirmé Mme Sandu, qui a ajouté qu’elle avait espéré « une plus grande implication » de M. Munteanu « dans les décisions difficiles, et une présence publique plus forte pour écouter les préoccupations des gens et pour expliquer quelles réformes [doivent être entreprises] et pourquoi elles sont nécessaires ».