Médecins sans frontières (MSF) a réclamé, lundi 20 juillet, la libération immédiate de tous les soignants palestiniens « détenus arbitrairement » par Israël, dans un communiqué. L’ONG médicale déclare être « révoltée par le traitement infligé aux soignants, dont la plupart sont détenus dans des conditions effroyables, sans justification ni motif ».
Se joignant à plusieurs appels internationaux, elle réclame notamment la libération de Hussam Abu Safiya, pédiatre et directeur de l’hôpital Kamal Adwan, à Gaza, détenu depuis décembre 2024.
« Récemment placé à l’isolement », ce dernier « subit des traitements dégradants et des actes de torture », alerte MSF, tandis qu’une équipe d’enquête des Nations unies et plusieurs experts onusiens des droits de l’homme ont tiré la sonnette d’alarme sur le cas de ce médecin.
« Sa détention s’inscrit dans un schéma effroyable dans lequel les autorités israéliennes arrêtent et prennent pour cible le personnel médical partout en Palestine », précise l’organisation basée à Genève.
Israël a affirmé, plus tôt ce mois-ci, que sa détention était « légale » et a rejeté les informations selon lesquelles il souffrirait d’une pathologie mettant sa vie en danger.
Mobilisation internationale pour la libération des soignants
Environ 50 personnes, dont des médecins, des syndicalistes et des militants propalestiniens, se sont rassemblées, jeudi, devant le ministère des affaires étrangères français à Paris, pour réclamer sa libération.
Le Dr Mohammed Obeid, un chirurgien orthopédiste arrêté le 26 octobre 2024 par les forces israéliennes alors qu’il soignait des patients à l’hôpital Kamal Adwan, est aussi « détenu en Israël depuis plus de 600 jours, dans des conditions difficiles et sans aucun contact avec sa famille », déclare par ailleurs MSF, appelant également à sa « libération immédiate et inconditionnelle ».
« La détention arbitraire, la torture et les mauvais traitements infligés aux professionnels de santé palestiniens par Israël sont inacceptables. Depuis trop longtemps, la communauté internationale reste passive face aux agissements d’Israël en Palestine », poursuit l’ONG.
Selon MSF, quinze de ses collaborateurs ont été tués depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, entre Israël et le Hamas, déclenchée par l’attaque sans précédent menée contre Israël par des militants palestiniens le 7 octobre 2023.
L’armée israélienne contrôle actuellement plus de 60 % de la bande de Gaza, où les violences quotidiennes se poursuivent malgré le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, mouvement islamiste palestinien.