Ce bourdonnement, Amna Mohammed El-Haj le connaît trop bien. Chaque fois, les drones lui confèrent cette sensation « terrifiante » d’être une « souris » menacée par un oiseau de proie. Pendant près d’un an et demi, à El-Fasher, la maraîchère de 45 ans a craint le survol incessant de ces engins de mort au-dessus de la capitale du Darfour du Nord jusqu’à sa chute, le 26 octobre 2025, aux mains des Forces de soutien rapide (FSR).
Aujourd’hui réfugiée à El-Obeid, à son tour cernée par les milices, elle a l’impression d’être sur le point de revivre « le pire cauchemar de sa vie ». « Nous avons déjà connu dix-mois mois de siège à El-Fasher, c’était indescriptible. La faim, la soif, la menace permanente du ciel, des milliers de morts rongés par la faim, tués par les bombes, assassinés à bout portant », se souvient celle qui est parvenue à fuir les paramilitaires avec 17 personnes de sa famille élargie.
En conquérant El-Fasher, soit les derniers pans de la région occidentale du Soudan qui échappait à leur contrôle, les FSR commandées par Mohammed Hamdan Daglo, alias « Hemetti », se sont adonnées à des massacres de masse qui pourraient avoir fait jusqu’à 60 000 morts en quelques jours. Partis à pied à travers la campagne désertique, convoyés à dos d’ânes puis à l’arrière de pick-up, El-Haj et ses proches ont fini par atteindre El-Obeid après des semaines d’errance sur les routes de contrebande.
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