L’Italien s’est longtemps cru supérieur. Les trois étoiles sur le maillot ne mentaient pas. À la fin des années 1990, la Serie A était incontestablement le meilleur championnat du monde, et la Nazionale, une équipe de joueurs légendaires aux chevelures aussi denses et reluisantes que leur aura. Les Français ? Des seconds couteaux, tout juste bons à renforcer les grands clubs du calcio et à essuyer de pénibles défaites avec leur médiocre sélection… lorsqu’ils arrivaient à se qualifier. Puis vint la Coupe du monde 1998, au cours de laquelle la noblesse italienne fut balayée en quarts de finale par les “parvenus” français. Ensuite, l’Euro 2000 : encore une défaite, encore la France, en finale cette fois-ci. La victoire de 2006 ? Une brève restauration “materazzienne”, mais l’ancien régime était bel et bien tombé, la révolution accomplie.

Pour comprendre la rivalité franco-italienne du point de vue transalpin, c’est cette histoire qu’il faut avoir en tête. Celle du déclassement d’un pays qui, au moins dans le domaine footballistique, s’était toujours considéré comme meilleur que l’arrogant cousin gaulois. Si l’on ajoute à ça les petites escarmouches politiques, on comprend pourquoi depuis plusieurs années, en Italie, la règle est la suivante : ne jamais se ranger du côté des Bleus.