C’est un procès “aux implications mondiales”, se félicite El País. Le 25 mars, un tribunal de Los Angeles a jugé Instagram et YouTube responsables du caractère addictif de leurs plateformes et des troubles de santé mentale subis à l’adolescence par une jeune Californienne, Kaley G. M., présente sur les réseaux depuis ses 9 ans. Pour le quotidien espagnol, ce verdict confirme que “le scroll infini, les recommandations personnalisées, la lecture automatique des vidéos ou les filtres de beauté empêchent de fixer des limites claires au temps d’utilisation et favorisent des dynamiques addictives”.

Cette décision vient renforcer l’argumentaire de ceux qui veulent interdire les réseaux sociaux, ou tout du moins encadrer leur usage, aux moins de 16 ans. Le débat est mondial, et nous y consacrons le dossier de ce Courrier ados.

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L’Australie a été la première à franchir le pas : fin 2025, 10 plateformes ont été bloquées. Début juin, le New York Times est allé voir sur place comment la mesure était ressentie. “C’est une vraie blague”, regrette une mère de famille, et le quotidien américain ne peut que constater qu’“il semble que la loi ait largement échoué à éloigner les jeunes des plateformes”. Mais ce qui se dessine sans doute, c’est que “les effets de la loi se feront surtout sentir sur la prochaine génération d’enfants, ceux qui ne sont pas encore sur les réseaux sociaux et qui pourraient en être durablement tenus à l’écart grâce à l’interdiction”.

En France, le Parlement a voté le 21 juillet une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, qui devrait être effective le 1er septembre. Du Brésil au Royaume-Uni ou au Canada, beaucoup de pays réfléchissent à des restrictions en tirant les leçons de ce raté australien et s’en écartant de l’interdiction pure et dure. Ce dont se félicite The Economist, qui y voit “une solution de facilité”. Le journal libéral préférerait qu’on impose aux plateformes plus de transparence sur leurs algorithmes, et de gros efforts sur la modération des contenus. Mais n’est-ce pas ce qu’elles promettent sans succès depuis des lustres ?

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