Pierpoljak, infatigable visage du reggae français, en tournée pour «Skabadeng»
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Propulsé sur le devant de la scène à la fin des années 1990, Pierpoljak a tout connu : les hauts de la célébrité et du succès, les bas de la prison et des problèmes de santé. A un peu plus de soixante ans, le chanteur conserve un profond amour du reggae et revient sur scène pour défendre son quinzième album, Skabadeng. Rencontre à l'occasion du festival No Logo BZH, en Bretagne.
RFI : Vous défendez en ce moment en tournée votre album Skabadeng. Sur votre disque précédent, La Roue tourne Igo, vous expérimentiez plutôt du côté électro-reggae ; cette fois au contraire, vous revenez à un reggae plus proche des racines. D'où est venue cette envie ?
Pierpoljak : Sur ce disque, j'ai travaillé avec Clive Hunt, un producteur avec lequel j'ai déjà fait beaucoup d'albums dans le passé. Il m'a appelé à un moment où je préparais des maquettes, sans trop savoir ce que je faisais. Je lui ai envoyé mes titres et c'était parti. Donc cet album est très roots car je suis parti là-bas, à Kingston, pour l'enregistrer avec lui. C'est pour ça que c'est très différent du disque précédent, que j'avais enregistré en France et qui était plus disparate artistiquement. Celui-ci parle plutôt de chansons d'amour finalement. C'est tout bête, mais cela correspond à ce que je vis au moment où j'écris – avec toujours un ou deux ans de décalage, le temps que l'on fasse l'album.
Vous avez toujours évoqué votre quotidien dans vos chansons, mais, avec ce disque, vous basculez aussi sur un terrain plus politique avec un titre comme En tenue camouflée qui parle d'environnement. Pourquoi ?
Moi, je ne fais pas de politique. La seule politique que je fais, c'est avec les chansons que j'écris depuis le début – mon tout premier titre, c'était Sauver la nature. Donc c'est vraiment un de mes thèmes de prédilection. J'ai plus de chansons sur ce sujet que sur l'herbe, alors que je n'arrête pas de fumer ! (rires) Je n'en parle pas parce que je me dis que c'est nécessaire aujourd'hui pour être intéressant : c'est vraiment ce que je pense, ce qui me tient à cœur, et j'ai toujours été comme ça !
Je ne suis pas donneur de leçons – d'ailleurs je le dis dans En tenue camouflée. Mais, quand on prend un Bob Marley, il a su faire des chansons qui ont dépassé la chanson, qui ont pu agir sur l'esprit des gens. Donc, sans me comparer à lui, je me dis que si quelqu'un peut piocher quelque chose dans mes titres, c'est déjà cela de gagné.
Que représentent, pour vous, l'écriture et la musique ?
J'imagine que c'est un exutoire – je dis j'imagine, parce que j'en ai fait vraiment beaucoup, donc je n'ai plus vraiment une idée précise. En tout cas, j'ai toujours aimé faire ça, et j'aime toujours faire ça. Même si je vieillis, je vais avoir 62 ans le mois prochain [en septembre 2026, ndlr]. Donc à ce stade, je n'ai pas tout dit, mais cela me prend plus de temps d'écrire, j'imagine.
On fête cette année les 50 ans du punk – or, vous avez vous-même fondé un groupe de punk quand vous étiez très jeune, avant de devenir un artiste de reggae. Y a-t-il selon vous des points communs entre ces deux courants ?
Bien sûr ! Pour commencer, le fait d'être un peu à part, de ne pas s'inscrire dans le sillon tracé. Et il y a aussi une histoire géographique : le punk vient d'Angleterre. Or là-bas, il y avait aussi les émigrés caribéens, des îles anglophones. Nous, les Français, on est arrivés là-bas et on a suivi le truc. Aujourd'hui d'ailleurs, j'adore toujours le punk rock !
Pierpoljak Skabadeng (Pekah Machine/Universal) 2025
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