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Pour lutter contre Ebola, la réponse internationale prise de vitesse

Depuis l’épidémie ouest-africaine de 2014-2016 et celle de Covid-19 en 2020, la « préparation aux pandémies » est devenue un mot d’ordre international. Cela n’a pas empêché de nouvelles failles d’apparaître à l’occasion de cette nouvelle crise. L’argent, même lorsqu’il est d

Pour lutter contre Ebola, la réponse internationale prise de vitesse
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L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo vient de franchir un nouveau seuil funeste : plus de 2 000 morts et 4 400 cas confirmés. Il s’agit de l’une des flambées les plus rapides jamais observées pour cette maladie. Elle est désormais en passe de dépasser le bilan de l’épidémie ouest-africaine de 2014-2016, la plus meurtrière de l’histoire d’Ebola, a averti, mercredi 12 août, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le taux de suivi des personnes ayant été en contact avec un malade n’atteint aujourd’hui que 80 %, alors que 95 % seraient nécessaires pour espérer interrompre la transmission.

La situation révèle une double fragilité, scientifique et politique. Sur le plan sanitaire, l’épidémie est causée par le virus Bundibugyo, une souche pour laquelle il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement validé. La recherche s’est historiquement concentrée sur la souche Zaïre, responsable de neuf épidémies sur dix. Des essais cliniques ont démarré fin juin, avant même que leur financement soit assuré. L’Africa CDC, l’agence de santé publique du continent, a dû ainsi réclamer, en juillet, 18 millions de dollars (15,6 millions d’euros) pour combler le déficit.

La crise a également une dimension politique. Le virus a commencé vraisemblablement à circuler dès janvier. Il n’a été détecté et confirmé qu’en avril-mai, laissant des mois d’avance à sa propagation silencieuse. Ce retard intervient alors que le système congolais de surveillance des épidémies venait d’être fragilisé par le démantèlement de l’agence américaine Usaid début 2025. Un pays qui avait pourtant affronté 17 flambées d’Ebola et bâti, à ce prix, une expérience reconnue, s’est retrouvé pris de court par l’affaiblissement soudain de tout un pan de son dispositif d’alerte. Le virus s’est ensuite répandu dans la région la plus densément peuplée du pays, où le contrôle de plusieurs territoires par le groupe rebelle M23 et les activités minières rendent tout accès périlleux.

Lire aussi l’entretien | Article réservé à nos abonnés « Ebola se propage à une vitesse que nous n’avions encore jamais observée »

S’est ajoutée enfin une troisième carence : la réponse internationale elle-même a été prise de vitesse. L’institution de coordination était encore en construction lors du déclenchement de l’épidémie, et les équipes de terrain ont été contraintes d’intervenir alors que le dispositif n’était pas pleinement opérationnel. Ce décalage se paie aujourd’hui au prix fort.

Depuis l’épidémie ouest-africaine de 2014-2016 et celle de Covid-19 en 2020, la « préparation aux pandémies » est devenue un mot d’ordre international. Des stocks de vaccins ont été constitués, des financements d’urgence ont été mobilisés, et près de 1 milliard de dollars de promesses a été récolté en juin lors d’un sommet de l’Union africaine. Cela n’a pas empêché de nouvelles failles d’apparaître à l’occasion de cette nouvelle crise.

La communauté internationale dispose de moyens scientifiques et financiers considérables. Ce qui lui a manqué, cette fois comme les précédentes, c’est de savoir les mobiliser à temps. Investir avant l’urgence, préparer la coordination internationale en amont, maintenir une vigilance permanente pour ne pas se laisser surprendre. Sur les 518 millions de dollars nécessaires à la riposte continentale, la moitié seulement a été débloquée à ce stade : la preuve que l’argent, même lorsqu’il est disponible, arrive souvent trop tard. La préparation aux pandémies ne se mesure pas à la capacité de réagir à la crise, mais à celle de la voir venir.

Lire aussi la tribune | Article réservé à nos abonnés « Il faut empêcher qu’Ebola ne devienne une menace régionale et internationale »

Le Monde

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