Livre. Disons-le tout de go, si vous cherchez un livre feel-good de vulgarisation scientifique, passez votre chemin. Dans son dernier ouvrage, Pourquoi avons-nous peur ?, le docteur en neurobiologie et journaliste Sébastien Bohler propose une plongée dans les mécanismes de la plus ancienne de nos émotions. Et c’est passionnant, mais quelque peu effrayant aussi. Convoquant de multiples disciplines scientifiques, de l’archéologie aux neurosciences en passant par la psychologie, le fondateur et rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho dissèque les peurs humaines sous toutes leurs coutures, intimes et sociales, et en retrace l’évolution, des origines de la vie au monde actuel et ses multiples menaces.
Voilà tout juste quarante ans que le chercheur américain Joseph LeDoux a identifié, en 1986, chez des souris le centre de la peur, un petit noyau en amande niché en profondeur du cerveau, l’amygdale. Depuis, raconte Sébastien Bohler, plus de 50 000 publications scientifiques lui ont été consacrées, qui montrent que l’amygdale agit « comme un signal d’alarme ».
Présent dans la quasi-totalité des espèces d’animaux vertébrés, ce dispositif serait apparu bien avant la séparation des poissons et des mammifères, il y a 430 millions d’années. De quoi raconter une fort longue histoire évolutive de la peur, qui permettait à nos lointains ancêtres de réagir rapidement, par réflexe, face à des dangers imminents. L’auteur explique aussi comment les rituels collectifs et les religions ont pu aider les humains à s’apaiser. L’effet anxiolytique du groupe est toujours présent, écrit-il, citant des recherches récentes montrant que les individus les mieux insérés dans un groupe ont, à l’IRM, une amygdale moins active que les moins entourés.
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