On s’attendait à ce que le réchauffement climatique porte un rude coup aux populations de grives de Bicknell, l’un des passereaux les plus rares d’Amérique du Nord. L’espèce [Catharus bicknelli] souffrait déjà de l’empoisonnement au mercure et de la disparition de son habitat.

À l’heure où les milieux montagneux où elle vit se réchauffent, les écologues redoutaient l’arrivée d’une nouvelle menace : l’écureuil roux américain [Tamiasciurus hudsonicus], un petit mammifère essentiellement granivore qui complète son alimentation par des œufs d’oiseaux et des oisillons. Ces écureuils vivent à plus basse altitude que les grives et on s’attendait logiquement à ce qu’ils montent plus haut dans la montagne sous l’effet de la hausse du mercure.

Seulement voilà, ce n’est pas ce qui s’est passé. Écologue à l’université du Massachusetts à Amherst, aux États-Unis, Toni Lyn Morelli s’est rendu compte que les écureuils avaient au contraire commencé à migrer vers des altitudes inférieures. C’est une bonne nouvelle pour les défenseurs des oiseaux – et un casse-tête pour les scientifiques. Car c’est comme si les écureuils se déplaçaient dans la mauvaise direction.

Et si on avait tout faux ?

Et ils ne sont pas les seuls. Dans certaines régions, près de la moitié des espèces étudiées contredisent la