Le site de la BBC observe que, pour la première fois, davantage d’Américains s’installent en Irlande que d’Irlandais ne partent aux États-Unis. Entre 2024 et 2025, le nombre d’Américains partis s’établir en Irlande a presque doublé, passant de 4 900 à 9 600. Un basculement qui s’inscrit dans une dynamique plus large : “au moins 180 000 Américains” ont quitté leur pays en 2025, un record.
Le phénomène traduit un changement profond. Selon la Brookings Institution, les États-Unis enregistrent plus de départs que d’arrivées “depuis au moins un demi-siècle”, sur fond de “changements spectaculaires dans la politique d’immigration”. Le durcissement engagé sous Donald Trump, combiné à une polarisation politique accrue, pèse dans les décisions individuelles. Kevin Wozniak, un universitaire américain installé en Irlande, résume ce malaise :
“Ma motivation à me renseigner sur des opportunités à l’étranger venait de profondes craintes concernant la trajectoire de [mon pays] à l’ère de Donald Trump.”
À ces inquiétudes politiques s’ajoutent des considérations très concrètes. Pour Lauren Udoh, installée dans le comté de Galway, “l’un des plus grands avantages est la sécurité”. “Je me sens beaucoup plus en sécurité ici”, confie-t-elle. Et d’ajouter que, “avec des enfants à l’école, vous n’avez pas à vous inquiéter des fusillades scolaires”. Le coût de la vie, la violence armée et un sentiment d’instabilité alimentent ces départs volontaires.
En miroir, l’Irlande a changé d’image. Longtemps terre d’émigration, elle s’est imposée comme une économie dynamique et une société libérale. L’écrivain Colm Tóibín souligne ce basculement :
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“Tout le monde a pris conscience que l’Irlande était une société plus libérale, cosmopolite, ouverte, et que c’était un bon endroit où vivre.”
Une attractivité renforcée par les liens historiques entre les deux pays et par l’accès facilité à la citoyenneté pour les descendants d’Irlandais.
Sur place, les expatriés américains s’intègrent désormais sans surprise. Reste que cet afflux intervient dans un pays confronté à une crise du logement croissante, signe que ce nouveau tropisme migratoire, loin d’être anecdotique, recompose déjà les équilibres locaux.
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