Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Carl von Clausewitz et son De la guerre pour connaître la formule : “La guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens.” L’idée est qu’une guerre devrait toujours avoir un objectif politique clair, qui impose le choix d’une stratégie et la manière d’user du pouvoir militaire. Les plus belles victoires sur le champ de bataille ne valent rien si elles ne produisent pas les effets politiques désirés.
C’est un sujet qui me préoccupe beaucoup ces temps-ci et j’en viens à me demander si la guerre n’est pas de plus en plus vaine à notre époque. J’écris cela avec la plus grande prudence, conscient que les prédictions annonçant la disparition de ces guerres de plus en plus coûteuses n’ont pas vraiment reçu l’aval de la réalité. Déjà en 1849, [le philosophe américain] Ralph Waldo Emerson affirmait que “la guerre vit ses dernières heures, la paix universelle est aussi certaine que la supériorité de la civilisation sur la barbarie”.
Pareillement, dans La Grande illusion, parue en 1909, [l’écrivain et homme politique britannique] Norman Angell soulignait que dans un contexte d’interdépendance, le coût d’une guerre entre grandes puissances dépasserait tout éventuel bénéfice. Plus récemment, des chercheurs comme John Mueller
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