« Quand elle est au creux de mon lit, elle prend toute la place », chantait Georges Moustaki dans Ma solitude. Elle traverse aussi The Sound of Silence, un titre dans lequel Simon & Garfunkel déplorent l’impossibilité de se parler vraiment, ou encore L’Enfer, où Stromae dit ne pas être « tout seul à être tout seul » et où il confesse même avoir « eu des pensées suicidaires ». La musique, tout comme la littérature ou la philosophie, n’a jamais cessé de donner des visages à la solitude. Chacun, à un moment ou à un autre de sa vie, l’a ressentie à sa manière. Car la solitude peut être plurielle.
Il est nécessaire de distinguer plusieurs réalités. L’isolement social, d’abord, désigne une situation objective, caractérisée par un nombre insuffisant de relations, d’interactions avec les autres. La solitude, elle, repose sur un ressenti subjectif et douloureux, le décalage entre les relations que l’on a réellement et celles que l’on souhaiterait avoir. Paradoxalement, une personne peut être entourée tout en se sentant profondément seule. Dîner avec des amis, être en couple, travailler au milieu de collègues, mais éprouver cette sensation de ne pas vraiment avoir sa place, de se sentir invisible, insignifiant… A l’inverse, on peut mener une vie solitaire, avoir peu de contacts, mais ne pas ressentir de solitude.
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