Ils ne se sont probablement jamais parlé. Rien ne les rapproche, sinon cette question que l’histoire pose un jour à tous les chefs de guerre : que reste-t-il d’une organisation armée lorsqu’elle renonce [en dépit de moult revers et du contexte géopolitique] à exister en dehors de l’État ?

Mazloum Abdi vient de donner sa réponse. En annonçant la dissolution des Forces démocratiques syriennes (FDS) et leur intégration aux institutions de l’État [syrien], il a déclaré que le moment était venu de “troquer l’uniforme militaire contre le costume civil” afin de servir son peuple depuis les institutions.

Sa nomination, quelques jours plus tard, comme conseiller du président Ahmed El-Charaa a donné un contenu concret à cette formule. L’ancien commandant n’a pas déposé les armes pour disparaître : il a cherché à convertir le pouvoir qu’elles lui avaient conféré en influence politique au sein du nouvel ordre syrien.

Pas d’influence sans force militaire ?

À Beyrouth, Naïm Kassem lui répond sans lui répondre. Pour le secrétaire général du Hezbollah, abandonner les armes n’est pas une option, même si leur maintien expose désormais sa communauté au danger dont elles étaient censées la protéger. Là où Abdi affirme qu’une cause peut survivre à son appareil militaire, Kassem continue de soutenir