Le gouvernement britannique a nationalisé jeudi matin le producteur d’acier British Steel, détenu par le groupe chinois Jingye. La société est « une pierre angulaire de la puissance industrielle britannique », a déclaré le premier ministre Keir Starmer, en annonçant l’une des dernières décisions de son mandat, qui s’achève vendredi. En la reprenant dans son giron, l’Etat « garantit l’avenir de la sidérurgie au Royaume-Uni, protège les emplois qualifiés et préserve une capacité nationale essentielle », a-t-il précisé.
Le gouvernement était déjà intervenu en avril 2025 pour s’emparer de la gestion du site, qui emploie 2 700 personnes à Scunthorpe, dans le Lincolnshire, dans le nord-est de l’Angleterre. Jingye, qui est resté le propriétaire formel de l’aciérie jusqu’à jeudi, avait à l’époque menacé d’éteindre ses deux hauts-fourneaux faute d’avoir obtenu le soutien financier qu’il réclamait du Royaume-Uni. Une fois mis hors service, ces derniers sont coûteux et complexes à remettre en route.
La nationalisation de British Steel a été rendue possible par l’adoption mercredi d’une nouvelle loi qui autorise l’Etat à procéder à des nationalisations dans l’industrie sidérurgique lorsque l’intérêt public est en jeu, indique la société dans un communiqué. « Si cette entreprise disparaît, nous perdrons notre capacité de produire de l’acier vierge, détaille Simon Boyd, le directeur de Reidsteel, une entreprise qui achète de l’acier à British Steel. Cela nous rendra dépendants des importations étrangères, nous plaçant à la merci des grands producteurs d’acier comme la Chine. »
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