Dans les pays riches, les investisseurs font payer les États au prix fort. Au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et au Japon, les rendements obligataires ont augmenté [ils dépendent de la valeur des obligations, fixée chaque jour sur le marché par l’offre et la demande, et de leur coupon annuel, soit l’intérêt qu’elles rapportent]. Le 14 septembre, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans a dépassé 5 %, son plus haut niveau depuis vingt ans. Le rendement médian des obligations d’État à dix ans dans les pays riches dépasse 4 %, du jamais-vu depuis plus de quinze ans, soit environ 5 fois sa moyenne de 2015 à 2021.
Plus inquiétant encore, cette hausse intervient alors que l’endettement des pays n’a jamais été aussi élevé. La dette publique brute approche 110 % du PIB dans les économies avancées, contre 70 % au début des années 2000. Aux États-Unis, elle a plus que doublé au cours de cette période ; au Royaume-Uni, elle a presque triplé. Et les pays concernés montrent peu d’appétence pour les politiques de rigueur. Les États-Unis s’attendent à un déficit de 6 % du PIB cette année ; et la France, de plus de 5 %.
Tout au long ou presque des années 2010, les dirigeants politiques ont pu faire l’autruche parce que les taux d’intérêt étaient très bas. Maintenant, ils augment
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