Ce matin-là, Abdur Rahaman Mondal a cru mourir. Piégé dans les eaux noires du détroit d’Ormuz, son village natal de Mirjapur, dans l’État du Bengale-Occidental, ne lui avait jamais semblé aussi lointain. Le jeune homme de 27 ans se rappelle : “Je ne pouvais penser qu’à une seule chose : le visage de mes parents âgés, de ma femme et de mes sœurs. Je pensais ne jamais les revoir.”

Le 1er mars, ce matelot qualifié travaillait à bord d’un pétrolier battant pavillon des îles Palaos, lorsque ce dernier a été visé par un missile iranien, en pleine traversée du détroit d’Ormuz.

Quelques jours plus tard, l’officier électrotechnicien Vineet Sharma, 28 ans, a lui aussi navigué sur ces eaux en direction de l’Inde, sur un paquebot chargé de pétrole iranien. “Heureusement pour nous, le passage du détroit d’Ormuz a été calme, mais le stress était immense, témoigne le jeune marin, originaire d’un village proche de Nainital [dans le nord du pays]. Nous avions eu plusieurs briefings pour nous préparer à la traversée. Nous étions en alerte permanente – impossible de se détendre une seule minute. Et chez nous, nos familles attendaient désespérément nos appels.”

Près de 17 % de l’équipage mondial

Après des mois de tensions au Moyen-Orient, l’ouverture du détroit d’Ormuz a signé la reprise du trafic