Le régulateur irlandais des médias a annoncé, mardi 8 septembre, l’ouverture d’une enquête contre le réseau social X afin de déterminer s’il agit suffisamment pour empêcher les enfants d’accéder à du contenu pornographique ou violent.
Cette enquête est la première formellement ouverte au titre du code de la sécurité en ligne instauré par l’Irlande à la fin de 2024, qui impose un contrôle plus strict de leur contenu à certaines plateformes de partage de vidéos ayant leur siège européen en Irlande, comme c’est le cas pour l’entreprise d’Elon Musk.
En vertu de ce code, « une vérification de l’âge est requise sur la plateforme X pour veiller à ce que les enfants ne voient pas de vidéos montrant de la pornographie ou des violences extrêmes, grossières et gratuites, ou encore des actes de cruauté », explique dans un communiqué la Coimisiun na Mean (« commission des médias »), chargée de la sécurité en ligne.
Amende possible
Or, « des préoccupations ont émergé concernant la possible mise en œuvre inefficace » par X de ces mécanismes de vérification, ajoute-t-elle, rappelant qu’« une vérification de l’âge reposant uniquement sur l’autodéclaration n’est pas considérée comme efficace ». Le régulateur s’interroge également sur l’efficacité des contrôles parentaux, qui pourraient « ne pas répondre à des exigences minimales, être difficiles à trouver et ne pas être portés à l’attention des nouveaux utilisateurs lors de la création de compte ».
Si la plateforme est reconnue coupable d’avoir enfreint le code de la sécurité irlandais, elle peut théoriquement se voir infliger une amende pouvant aller jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires annuel. Contacté par l’Agence France-Presse, X n’avait pas répondu en fin d’après-midi.
L’entreprise est déjà sous le coup d’une enquête du régulateur irlandais, ouverte à la fin de 2025, cette fois-ci au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA), car elle est soupçonnée de ne pas avoir offert aux utilisateurs la possibilité de faire appel de ses décisions de modération.
Dans le cadre du DSA, la Commission européenne est la principale régulatrice de X, mais le respect dans l’Union européenne de certains articles du texte reste sous l’autorité du régulateur national du pays où se trouve le siège européen de l’entreprise. Incités par une fiscalité attractive, de nombreux géants de la tech, comme Google (maison mère de YouTube), Meta (maison mère de Facebook et Instagram), Microsoft (maison mère de LinkedIn) et TikTok, y ont installé leur siège pour l’Europe.