- Sciences Sciences Sciences
- Zoologie Zoologie Zoologie
Quand Darwin arrive en ville : comment la jungle urbaine bouleverse la sélection naturelle des animaux
Par Nathaniel HerzbergEnquêteDes mésanges plus agressives, des escargots qui s’éclaircissent, un plumage antipollution pour les pigeons… La faune des villes tente de s’adapter au contexte citadin. Plasticité comportementale ou véritable évolution génétique ? Depuis dix ans, des chercheurs mènent l’enquête.
Leurs héros s’appellent Charles Darwin, Jane Goodall, David Attenborough… Comme eux, ces quadragénaires rêvaient de parcourir les grandes étendues sauvages. Ils avaient même commencé à le faire, en Indonésie, en Afrique ou dans les parcs nationaux américains. Passionnés de comportement animal pour les uns, d’écologie pour les autres, ils partagent une fascination pour cette théorie qui a bouleversé notre regard sur le monde vivant : l’évolution. Et leur vie a basculé.
Pour le Canadien Marc Johnson, de l’université de Toronto, ce fut lors d’un colloque sur les moustiques. « Un conférencier décrivait leur adaptation à la ville. Je me suis demandé : mais est-ce de l’évolution ? J’étais piqué », raconte le professeur de biologie.
Professeur à l’université Drexel, à Philadelphie (Pennsylvanie), l’Américain Jason Munshi-South avait écrit son premier article, à 20 ans, sur des perroquets à Chicago. « Un tir isolé, dit-il dans un sourire. Ensuite, je suis retourné vivre mon rêve au bout du monde [l’observation d’éléphants au Gabon]. Mais je cherchais un poste fixe. Le premier où j’ai été accepté, c’était à New York. J’avais des enfants en bas âge, des cours à assurer, je ne voulais pas vivre tout à moitié : j’ai décidé d’étudier les animaux des parcs publics de New York. » L’ornithologue française Anne Charmantier, elle aussi, avait passé la moitié de sa vie professionnelle en forêt. « Mais, avec le temps, je n’étais plus tout à fait insensible au froid et à la pluie ; ni aux avantages de la ville quand vous avez une famille, confie la directrice de recherche (CNRS) au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier. Et puis je voulais faire une science bas carbone. »
Il vous reste 90.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !