Une lionne plante ses crocs dans le cou d’un oryx, qui s’affaisse, la tête levée au ciel comme en une muette supplication. Cette scène dramatique, qui vous accueille à l’entrée de l’exposition « Artistes au Muséum », à Paris, est le travail d’un duo de taxidermistes chevronnés, Jules Terrier et Louis Quantin, réalisé en 1895. Deux œuvres l’encadrent ici : à droite, le tableau du Douanier Rousseau Le lion, ayant faim, se jette sur l’antilope (1905), inspiré de cette scène naturalisée ; à gauche, la reproduction d’une aquarelle sur vélin de Nicolas Huet (1818), croquant cette espèce d’oryx.
« On ne peut faire de sciences naturalistes sans démarche artistique, relève Alice Lemaire, commissaire générale de l’exposition. Pourtant, ces artistes n’ont pas toujours eu la reconnaissance qu’ils méritent. » Juste retour des choses, le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, pour ses 400 ans, met à l’honneur plus de 140 d’entre eux à travers plus de 300 œuvres, issues de ses collections ou prêtées par d’illustres musées.
Explorer l’anatomie d’une fleur ou d’un félin, décrire une nouvelle espèce… Le scientifique guide ici le regard de l’illustrateur, qui, en retour, traduit les découvertes en images fidèles et sensibles. Emerveiller pour instruire, tel est leur mantra. Depuis sa création, en 1793, le Muséum ne délivre-t-il pas un enseignement de dessin naturaliste, que suivront, entre autres, Auguste Rodin, Henri Matisse et Marie Laurencin ?
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