En direct Lundi 22 Juin 2026
Géopolitique

Ramiro Valdés, figure historique de la révolution castriste à Cuba, est mort à 94 ans

Il fut le second de Che Guevara et a fondé les redoutables services de renseignement cubains. Personnage avare de mots, mais redouté et incontournable dans le système étatique, il occupa aussi le poste de ministre de l’intérieur pendant les épisodes de forte confrontation avec les Etats-Unis

Ramiro Valdés, figure historique de la révolution castriste à Cuba, est mort à 94 ans
HaitiCreoleRadio.com

Il était l’une des dernières figures historiques de la révolution menée à Cuba par Fidel Castro en 1959 : Ramiro Valdés est mort, dimanche 21 juin, à l’âge de 94 ans.

« La disparition physique du commandant de la Révolution, Ramiro Valdés Menéndez, nous attriste profondément, comme celle d’un père », a annoncé, sur X, le président cubain, Miguel Diaz-Canel. « Chaque moment de la vie du commandant Ramiro a été marqué par sa fidélité absolue au gouvernement de Fidel et de Raul [Castro], ainsi qu’à ses compagnons de lutte », a ajouté le chef de l’Etat.

Barbichette et cheveux blancs, sourcil droit perpétuellement levé, Ramiro Valdés était l’un des rares à avoir le titre de commandant de la révolution. Il était aussi avec Raul Castro, 95 ans, un des derniers survivants de l’expédition du yacht Granma le 2 décembre 1956, le point de départ de la lutte armée contre la dictature de Fulgencio Batista.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A Cuba, Raul Castro contrôle toujours le pouvoir dans l’ombre

Homme de l’ombre, avare de mots et considéré comme implacable par ses adversaires, Ramiro Valdés fonde, après la révolution, le fameux G2, la sécurité de l’Etat (services de renseignement) de l’île. Il a aussi été ministre de l’intérieur pendant les épisodes de forte confrontation avec les Etats-Unis.

Nommé héros de la République de Cuba

« Personne ne pouvait bouger sans que la sécurité le sache et cela nous a permis d’infiltrer de plus en plus les organisations contre-révolutionnaires », admettait-il en 2018 dans ce qui fut sans doute son unique entretien avec la télévision cubaine, qu’il avait accepté de donner « en réponse à un ordre » venu d’en haut.

« En tant que ministre de l’intérieur, Valdés a géré l’étape la plus dure de confrontation dans les années après 1959 » entre le gouvernement révolutionnaire et ceux qui avaient pris les armes pour s’y opposer, explique Michael Shifter, du centre de réflexion Dialogue interaméricain.

Toujours en uniforme vert olive au cours de ses apparitions publiques, Ramiro Valdés a consacré les dernières années de sa vie à soutenir le premier président cubain non-Castro depuis la révolution, Miguel Diaz-Canel, arrivé au pouvoir en 2018. Ces deux dernières années, il avait été régulièrement vu en train de superviser l’installation de parcs photovoltaïques à un moment où Cuba traverse une crise énergétique sans précédent.

Membre du Bureau politique du PCC (Parti communiste cubain, unique), le centre névralgique du pouvoir, Ramiro Valdés avait aussi le titre honorifique de héros de la République de Cuba. Il n’avait plus été vu en public depuis l’année dernière.

De lui, « je peux citer sa fidélité à la révolution et à Fidel, son dévouement au travail, sa modestie et sa simplicité », déclarait, en 2018, Raul Castro, avec qui les relations sont pourtant considérées comme ayant été tumultueuses pendant des années.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A Cuba, malgré les pressions des Etats-Unis, les arrestations d’opposants se poursuivent

Acteur clé de la coopération entre Cuba et le Venezuela

Ramiro Valdés a été l’un des premiers à se joindre à Fidel Castro (1926-2016) à la tête d’un groupe à Artemisa (sud-est de La Havane), où il était né le 28 avril 1932 au sein d’une famille pauvre et où il n’avait pas terminé l’école. A 21 ans, c’est un des participants à l’attaque de la caserne Moncada, à Santiago de Cuba, le 26 juillet 1953, pendant laquelle il sera légèrement blessé et fait prisonnier comme Fidel et Raul. Libérés, les trois hommes organisent à partir du Mexique l’expédition du yacht Granma.

Dans la guérilla menée dans la Sierra Maestra, une forêt montagneuse de l’est de l’île, il sera le second de l’Argentin Ernesto « Che » Guevara (1928-1967), « l’un des chefs de ma vie », disait Ramiro Valdés.

Ministre de l’intérieur de 1961 à 1968, puis de 1979 à 1985, il occupe, vingt ans plus tard, le poste stratégique de ministre de l’informatique et des communications (2006-2011), aux balbutiements d’Internet, très contrôlé par le gouvernement.

En 2010, il est envoyé plusieurs mois au Venezuela, le principal allié de Cuba, officiellement en tant que conseiller dans le secteur énergétique mais, selon l’opposition vénézuélienne, il aide alors le gouvernement chaviste à perfectionner son travail dans le renseignement. Une coopération qui a connu un sérieux revers en janvier, avec la capture par les Etats-Unis du président vénézuélien, Nicolas Maduro, le successeur d’Hugo Chavez (1999-2013) et, comme lui, un soutien indéfectible du gouvernement de La Havane.

Trente-deux militaires cubains sont morts dans l’attaque américaine qui a conduit à la fin des livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba et plongé l’île dans une crise économique sans précédent.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A La Havane, les Cubains dans l’incertitude, entre crainte d’une attaque américaine et désir de changement

Le Monde avec AFP

S’abonner
Article précédent Pourparlers États-Unis-Iran : les négociations vacillent apr… Article suivant EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : après un message menaçan…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !