Intellectuel américano-palestinien de renom, Rashid Khalidi est professeur d’histoire émérite à l’université Columbia (New York), titulaire de la chaire Edward Said d’études arabes contemporaines. Il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à la question palestinienne, dont, récemment, Cent ans de guerre contre la Palestine. Une histoire de colonisation et de résistance (Actes Sud, 432 pages, 24,80 euros). Il a aussi été conseiller auprès de la délégation palestinienne lors des négociations de paix qui ont eu lieu à Madrid et à Washington (1991-1993).
Selon un sondage du centre de recherche américain Pew, publié en avril, six Américains sur dix ont une image négative d’Israël, soit une hausse de près de 20 points depuis 2022. L’Etat hébreu, qui disposait dans ce pays d’un soutien historiquement massif, est-il en train d’y perdre la bataille de l’opinion ?
Il ne fait guère de doute que quelque chose a changé. Pour la première fois depuis la création de l’Etat d’Israël, en 1948, une nette majorité d’Américains en a une opinion défavorable. Le basculement est flagrant chez les moins de 50 ans, en particulier les électeurs démocrates [dont 84 % se déclarent défavorables à Israël]. Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus ancienne : on a vu, ces dernières années, sur tous les grands campus universitaires, des organisations étudiantes voter des résolutions en faveur du boycott des entreprises soutenant l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Gaza. Ce qui est nouveau, c’est que la dégradation de l’image d’Israël se constate aussi chez les jeunes républicains, dont 57 % déclarent en avoir une opinion défavorable. Cette évolution apparaît comme une conséquence directe de la guerre à Gaza.
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