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RD–Cuba | Santo Domingo ordonne le retrait de neuf diplomates cubains, sur fond de soupçons d’activités de renseignement

SANTO DOMINGO, 14 août 2026 — La République dominicaine a demandé le retrait de neuf membres de la mission diplomatique cubaine accréditée à Santo Domingo, ainsi que de leurs familles, leur accordant sept jours pour quitter le territoire, une décision inhabituelle qui marque une nette dét?

RD–Cuba | Santo Domingo ordonne le retrait de neuf diplomates cubains, sur fond de soupçons d’activités de renseignement
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15 août 2026
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RD–Cuba | Santo Domingo ordonne le retrait de neuf diplomates cubains, sur fond de soupçons d’activités de renseignement

  • by Rezo Nodwes
  • 14 août 2026
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SANTO DOMINGO, 14 août 2026 — La République dominicaine a demandé le retrait de neuf membres de la mission diplomatique cubaine accréditée à Santo Domingo, ainsi que de leurs familles, leur accordant sept jours pour quitter le territoire, une décision inhabituelle qui marque une nette détérioration du climat diplomatique entre les deux États caribéens. Le ministère dominicain des Relations extérieures (MIREX) n’a officiellement communiqué aucun grief particulier contre les diplomates concernés.

La chancellerie dominicaine a indiqué que cette mesure s’inscrivait dans les prérogatives reconnues à l’État accréditaire par le droit international et par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961. Santo Domingo a néanmoins précisé vouloir traiter le dossier « avec la discrétion requise » et par les voies diplomatiques ordinaires afin de préserver les relations bilatérales. Le gouvernement a également annoncé qu’aucune précision supplémentaire ne serait rendue publique à ce stade.

Selon le quotidien dominicain El Día, qui cite de hautes sources ayant connaissance du dossier, la mesure aurait été motivée par des soupçons d’activités de renseignement menées sur le territoire dominicain par certains membres de la représentation cubaine. Ces sources affirment que plusieurs fonctionnaires auraient exercé des activités liées aux services cubains de renseignement et de sécurité sous couvert de leurs accréditations diplomatiques, comportement que les autorités dominicaines auraient considéré comme incompatible avec leurs fonctions officielles. Ces allégations n’ont toutefois pas été détaillées publiquement ni accompagnées, à ce jour, d’éléments de preuve communiqués par le MIREX.

Un élément juridique distingue cette affaire d’une expulsion diplomatique classique : selon les sources citées par El Día, Santo Domingo n’aurait pas formellement déclaré les neuf fonctionnaires personae non gratae. Les autorités auraient privilégié une demande de retrait transmise par les canaux diplomatiques. La Convention de Vienne autorise toutefois l’État accréditaire à signifier qu’un membre du personnel diplomatique n’est plus acceptable sur son territoire, sans être tenu de motiver publiquement sa décision.

La mesure constitue une opération diplomatique d’une ampleur peu commune. Diario Libre estime que la représentation cubaine à Santo Domingo comptait plusieurs dizaines de personnes en incluant les dépendants ; le départ simultané de neuf diplomates représente donc une réduction significative de la mission, même si l’ambassade demeure ouverte et les relations diplomatiques ne sont pas rompues.

Les sources dominicaines citées par El Día ont par ailleurs écarté tout lien entre cette décision et la situation de quatre athlètes cubains demeurés en République dominicaine après les XXVe Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes de Santo Domingo 2026. Elles présentent les deux dossiers comme juridiquement et administrativement distincts, leur proximité chronologique constituant, selon elles, une coïncidence.

L’incident intervient surtout après plusieurs signes de refroidissement entre les deux capitales. En mai 2026, le président dominicain Luis Abinader avait publiquement qualifié Cuba de pays qui n’était « évidemment pas un État démocratique ». Quelques semaines plus tard, Santo Domingo s’était abstenu lors d’un vote à l’Assemblée générale des Nations unies concernant les sanctions américaines contre Cuba, rompant avec une position traditionnellement plus favorable à la résolution cubaine.

Le contentieux s’inscrit également dans un réajustement diplomatique régional plus vaste. En 2026, plusieurs gouvernements latino-américains ont réduit, suspendu ou reconfiguré leurs rapports avec Cuba. L’Équateur a notamment mis fin à ses relations diplomatiques avec La Havane, tandis que le Costa Rica a réduit son dispositif diplomatique et que la Colombie a annoncé une rupture de ses relations avec Cuba après le changement de gouvernement à Bogotá.

Cette évolution donne une dimension supplémentaire au geste dominicain : Santo Domingo ne ferme pas l’ambassade cubaine et ne rompt pas les relations, mais retire simultanément son consentement à la présence d’une partie substantielle de la mission. Sur le terrain diplomatique, il s’agit d’un avertissement d’une intensité supérieure à une protestation formelle ou à la convocation d’un ambassadeur, tout en demeurant en deçà de la rupture des relations.

Les rapports entre les deux pays avaient déjà connu une longue interruption historique. Cuba et la République dominicaine avaient rompu leurs relations en 1959, au moment de la confrontation entre le nouveau pouvoir révolutionnaire cubain et la dictature de Rafael Leónidas Trujillo. Les relations consulaires commencèrent à être rétablies progressivement à partir de 1997, avant la restauration des relations diplomatiques complètes en avril 1998, après près de quatre décennies d’interruption.

Vingt-huit ans après cette normalisation, l’affaire des neuf diplomates ouvre ainsi la séquence bilatérale la plus délicate depuis le rétablissement des relations. Le maintien des ambassades évite, pour l’heure, une rupture formelle. Mais la combinaison d’une réduction forcée de la représentation cubaine, des soupçons rapportés d’activités de renseignement et du refus dominicain de rendre publiques les motivations précises de la mesure installe désormais les relations entre Santo Domingo et La Havane dans une phase de méfiance diplomatique ouverte.

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