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Robert Lodimus : Merci Camarade Fidel !

Le Géant Fidel Castro Ruz a fermé les yeux sur un monde qui se porte de plus en plus mal. La mort du Leader maximo, Fidel Castro, est survenue à un moment où la République d’Haïti s’apprêtait à affronter une autre crise électorale qui risquait cette fois-là de la basculer dans l’expl

Robert Lodimus : Merci Camarade Fidel !
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10 juin 2026
Robert Lodimus : Merci Camarade Fidel !
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Robert Lodimus : Merci Camarade Fidel !

  • by Rezo Nodwes
  • 10 juin 2026
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Le Géant Fidel Castro Ruz a fermé les yeux sur un monde qui se porte de plus en plus mal.

     La mort du Leader maximo, Fidel Castro, est survenue à un moment où la République d’Haïti s’apprêtait à affronter une autre crise électorale qui risquait cette fois-là de la basculer dans l’explosion sociale.  Nous avons appris avec des larmes dans la gorge la triste nouvelle que nous attendions depuis longtemps dans l’anxiété et dans l’angoisse. Au fur et à mesure que les mois et les saisons  défilaient dans le paysage politique, nous savions que la fin du Grand Guerrier était proche. Il n’apparaissait plus en public. Fidel n’a même pas pu recevoir le fils de son ami Pierre  Eliott Trudeau en visite à la Havane, en l’occurrence Justin Trudeau, devenu à son tour Premier ministre du Canada depuis le 4 novembre 2015. La voix généreuse et charitable du « Dernier des Mohicans » qui s’élevait avec fermeté pour se porter à la défense des pauvres  s’est éteinte doucement à la Havane, au milieu des siens.

     Le Géant a fermé les yeux sur un monde qui se porte de plus en plus mal. Fidel a écrit pendant ces dernières années des textes scientifiques, méthodiques qui mettent  l’humanité en garde contre le danger  d’une guerre nucléaire qui serait provoquée par la gourmandise et la rapacité des pays impérialistes.  Miné par la maladie, son corps s’agrippait à la corde solide de sa mémoire vive et fertile. Lorsque les journaux des États-Unis, de la France, du Canada, etc.,  faisaient courir les rumeurs de son décès, du fait qu’on ne l’entendait pas, qu’il ne prenait pas la parole en certaines circonstances particulières et exceptionnelles, il répondait sagement qu’il consacrait ses vieux jours à la lecture et à l’écriture. Comme les illustres philosophes de l’antiquité, Le « Josué » du peuple cubain, celui qui a renversé les « murailles du Jéricho » de Batista allié aux « forces ténébreuses » de la Maison Blanche et du Pentagone, réfléchissait sur le devenir de sa Nation, celle qu’il a refondée dans le sang, et sur la destinée des masses populaires du globe terrestre. Est-il mort dans la sérénité de l’esprit ? Le « créateur » a-t-il été tout à fait satisfait de son œuvre socioéconomique et politique ? Certes, il savait, lui-même, où il avait réussi. Mais comprenait-il où il avait échoué ? Les principes de la philosophie héraclitienne commandent à toutes les analyses et réflexions critiques de s’arcbouter à la logique antonymique. Dans une démarche intellectuelle méthodique, nous ne saurions considérer la « chose » sans son « contraire », comme disait Héraclite.

     Jeune universitaire, Fidel Castro, instinctivement, voyait déjà le rôle essentiel que les dieux, – comme pour Achille,  Thésée, Héraclès, Alexandre le Grand – lui avaient réservé dans le cheminement historique de son peuple. Il était aussi conscient de la direction idéologique qu’il lui fallait privilégier en vue d’offrir une chance de réussite à sa mission délicate.  Il connaissait l’histoire des luttes révolutionnaires entreprises par des héros intrépides contre les intérêts hégémoniques  des États-Unis en Amérique Latine. Augusto Sandino mena une guérilla farouche durant sept ans au Nicaragua, 1927-1934, afin de libérer ses compatriotes de l’État dictatorial appuyé par les marines du Pentagone. L’ambassadeur de Washington, Arthur Bliss Lane, planifia son assassinat qui survint le 21 février 1934. En Haïti, à la même époque, il y avait Charlemagne Péralte, Benoit Batraville et les cacos. Tous connurent une fin atroce. Nous aurions pu évoquer les sorts qui furent réservés au Mexique bien avant à Emiliano Zapata Salazar alias El Caudillo del Sur et  José Doroteo Arango Aràmbula dit Pancho Villa. Fidel avait étudié dans ses moindres détails les conditions objectives et subjectives qui engendrèrent la Révolution d’Octobre 1917. Il découvrit que la prise du pouvoir par des intellectuels progressistes inféodés à un mouvement d’avant-garde éclairée était l’un des moyens les plus sûrs de parvenir à orienter une société oppressée et opprimée vers le point cardinal des idéaux de changement.  Il dévorait Hegel, Marx, Engels, Lénine, Trotski… Quand il eut lu le « Manifeste du parti communiste, il fut enchanté. Il avait trouvé la voie révolutionnaire qu’il allait emprunter avec ses camarades de combat après avoir  quitté la Sierra Maestra. Il est impossible de bâtir une Nation sans aménager auparavant une base idéologique, sans faire la somme des connaissances théoriques valables et utiles, sans revisiter les grandes pensées philosophiques des Platon, Aristote, Épicure, Sénèque, Locke, Saint Augustin, Héraclite, Marx, Mao…, qui aidèrent à façonner d’un endroit à l’autre, dans un sens ou dans l’autre,  les civilisations anciennes et contemporaines.

     En rédigeant cette dernière phrase, nous avons pensé à notre pays qui se meurt dans l’incompétence et l’indifférence des universitaires haïtiens. Après avoir prononcé son discours célèbre par devant les juges impérialistes iniques, L’histoire m’acquittera, Fidel Castro, en prison a réfléchi sur les causes et les conséquences de l’échec de l’attaque menée contre la caserne de Moncada. L’immaturité politique et militaire était au rendez-vous. Beaucoup de jeunes y ont laissé la vie. Et le chef en portait toute la responsabilité. Au nom de ces martyrs de la lutte du changement sociétal à Cuba, il se devait de se réorganiser, de continuer, de vaincre ou de mourir à son tour. Mais non de baisser les bras. D’abandonner. De renoncer à la force constructive et à la « violence positive ». Quel autre moyen disposait-il pour  « déchouquer » les ennemis traditionnels des masses paysannes cubaines ?

     Lorsque les mots, les discours échouent, il faut agir autrement et différemment. Cela fait partie des droits imprescriptibles du « Souverain » de choisir les moyens de lutte conformes à ses attentes politiques et économiques.  Comme nous l’avons souligné dans un texte précédent, il arrive un temps où l’individu doit faire le choix éclairé d’ « exister dans le déshonneur et la honte » ou de « mourir dans la dignité ». À la façon dont Etzer Vilaire, l’un de nos grands poètes, l’exprima :

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      Après avoir purgé une partie de sa peine pour l’attaque de la caserne de Moncada, Fidel Castro rejoignit au Mexique son frère Raul libéré et expatrié avant lui. Raul le présenta à l’Argentin Ernesto Guevara, jeune médecin et marié en 1955 à une femme progressiste, Hilda Gadea qui est décédée à la Havane le 11 février 1974. Cette économiste péruvienne, présidente de l’Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA) joua un rôle de conseillère importante dans la préparation de l’expédition du Granma. 82 hommes embarquèrent dans une aventure armée et bouleversèrent le fonctionnement politique de la planète. À cause de Cuba, les États-Unis et l’empire soviétique passèrent à un cheveu d’une guerre atomique.

     Le récit de cette opération passionnante est dynamiquement et ingénieusement raconté dans Le livre des douze (1965) de l’écrivain Carlos Franqui, traduit de l’Espagnol par Jean Francis Reille, publié aux Éditions Gallimard. Les douze survivants du Granma ont réécrit l’histoire du peuple cubain.

     Nous avons eu le bonheur de déguster cet ouvrage dès le premier mois de notre exil à Montréal. Et depuis, nous avons dévoré plus d’une dizaine d’essais bien rédigés sur la Révolution castriste, de même que sur celle des bolcheviks. Ce sont des époques hautement mémorables où la passion et la raison s’enlaçaient, s’accouplaient, copulaient pour dévier le cours de l’histoire vers le lit d’un projet audacieux qui véhiculait et imposait un rêve de bien-être généralisé.

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