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« Savoir sauver une vie devrait être un acquis de la scolarité »

Dans une tribune au « Monde », plus de 600 médecins et paramédicaux appellent à rendre systématique l’apprentissage des gestes qui sauvent au collège et au lycée. Une formation qui pourrait être menée par les professeurs d’EPS et les infirmiers scolaires.

« Savoir sauver une vie devrait être un acquis de la scolarité »
HaitiCreoleRadio.com

Une personne est victime d’un arrêt cardiaque toutes les treize minutes en France. Plus de 40 000 arrêts cardiaques surviennent chaque année et, à l’heure actuelle, moins de 10 % des personnes survivent. Pourtant, lorsqu’une personne s’effondre brutalement, les premières minutes sont décisives. Reconnaître l’arrêt cardiaque, appeler immédiatement les secours, commencer un massage cardiaque et utiliser un défibrillateur, lorsqu’il est disponible, sont des gestes simples, mais qui peuvent sauver des vies.

Lire aussi la chronique (2022) | Article réservé à nos abonnés Mort subite du sportif : deux tiers des cas franciliens sauvés

Les données françaises soulignent l’importance de cette intervention précoce. Dans le cas particulier d’une activité sportive, le registre francilien montre que la survie est passée de 23,8 % en 2005 à 66,7 % en 2018, grâce à la sensibilisation du public : le taux de massage cardiaque réalisé par le témoin est en hausse (de 34,9 % en 2005 à 94,7 % en 2018), de même que le recours à un défibrillateur grand public avant l’arrivée des secours (de 1,6 % seulement en 2005 à plus de 28,8 % en 2018).

Ces chiffres rappellent une évidence : lorsqu’un arrêt cardiaque survient devant des témoins, leur capacité à reconnaître la situation et à agir sans attendre les secours est déterminante. Malheureusement, la grande majorité (plus de 95 %) des arrêts cardiaques survient en dehors de toute activité sportive, avec un taux de survie ne dépassant pas 10 % à l’échelle nationale du fait d’un taux de massage entrepris inférieur à 50 % et d’un défibrillateur encore trop rarement utilisé.

Ce constat n’est pas nouveau. Dès 2018, l’Académie nationale de médecine soulignait l’ampleur du problème et appelait à un programme ambitieux d’éducation de la population aux gestes qui sauvent, commencé dès le plus jeune âge. Les recommandations européennes publiées en 2022 insistent, elles aussi, sur l’importance de débuter cet apprentissage tôt dans l’enfance.

Déjà inscrit dans la loi

L’école constitue, de ce point de vue, un lieu privilégié. Elle permet de toucher l’ensemble d’une génération, indépendamment de son milieu social, et de transmettre progressivement à l’ensemble de la population une compétence qui peut être utile à tout moment de la vie.

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