Le 28 juillet, 186 passagers d’une croisière fluviale ont dû être évacués : leur bateau, le Viking Ullur, s’était échoué sur un banc de sable du Danube. D’autres sont restés bloqués entre Vienne et Budapest.
Plus à l’est, en Roumanie, le “Fleuve bleu” a atteint son niveau le plus bas depuis 1996. Là où il entre dans le pays, à Bazias, son débit était presque trois fois plus faible que la normale pour un mois de juillet. À tel point que le pays a dû mettre ses centrales nucléaires à l’arrêt. Même chose pour l’unique centrale nucléaire de Hongrie. Une première en quarante-quatre ans, a écrit le 1er août, sur son compte X, le Premier ministre Péter Magyar.
L’armée roumaine tente même de dévier le cours du second plus long fleuve d’Europe à coups d’explosif, selon un post sur Facebook du ministère de la Défense, dans l’espoir de pouvoir à nouveau rafraîchir ses réacteurs.
Le niveau du Danube est si bas qu’il a mis au jour une bombe de la Seconde Guerre mondiale, et même, en Bulgarie, les restes d’un mammouth laineux, une espèce aujourd’hui éteinte. “S’il offre certains des plus beaux panoramas, le Danube n’est que l’un des grands fleuves qui nervure l’Europe à souffrir de la sécheresse estivale”, écrit, dans une tribune publiée par The Guardian, Yiannis Baboulias, journaliste grec installé à Londres.
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Intrusion d’eau de mer
Troisième plus grand fleuve du continent, le Rhin aussi est au plus bas. Dans un communiqué du 30 juillet, le gouvernement néerlandais prévient que cette situation perturbe le trafic commercial sur le réseau fluvial et provoque une intrusion d’eau de mer salée dans les ressources destinées à l’irrigation des cultures.
“En Italie, l’Autorité du bassin du Pô a déclaré le 30 juillet que 101 municipalités risquaient des pénuries d’eau potable d’une gravité moyenne à élevée. Cette administration a ajouté que 24 municipalités se faisaient déjà livrer de l’eau par camion-citerne”, rapporte le site spécialisé Inside Climate News.
Au 20 juillet, cela fait deux cent deux jours qu’une grande partie de l’Europe subit des conditions de sécheresse, selon le Système mondial de sensibilisation et de coordination en cas de catastrophe (GDACS) qui précise :
“Les indices de sécheresse font apparaître des anomalies caractéristiques d’épisodes allant de sévères à extrêmes.”
La France n’est pas épargnée. Le débit des fleuves est bas. Même les petits cours d’eau sont dans une situation critique. Mardi 4 août, les zones de Fleuve Loire Amont et Loire aval, qui s’étendent sur plusieurs départements, ont été placées en “alerte renforcée” sécheresse.
En outre, Météo France a confirmé le même jour que ce mois de juillet était l’un des plus secs jamais enregistrés, avec un déficit de précipitation de près de 70 % en moyenne sur l’ensemble du pays. C’est surtout le plus chaud : juillet 2026 affiche une anomalie importante de + 3,8 °C par rapport à la normale saisonnière (+ 5,2 °C pour les températures maximales).
Cette situation est exacerbée par le réchauffement planétaire d’origine humaine, rappelait le World Weather Attribution, le 23 juillet. À mesure que les températures grimpent, l’eau des rivières s’évapore, tout comme celle du sol, aggravant la sécheresse qui touche l’Europe depuis le printemps.
Ainsi, des sécheresses qui ne se produisaient autrefois qu’une fois par siècle sont aujourd’hui de plus en plus fréquentes, affectant la vie sauvage, mais aussi l’industrie, l’énergie, et même la potabilité de l’eau.
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