Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence
Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence
Épisode 1/4
Épisode 2/4
Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence
L’épisode 4 sera disponible prochainement.
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Secours porté aux migrants : les ONG entravées par les autorités italiennes
Par Allan Kaval (Lampedusa [Italie], envoyé spécial)Reportage« Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence » (3/4). Depuis l’entrée en fonctions de la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, en 2022, les organisations de secours aux migrants ont de plus en plus de difficultés à intervenir. En Italie, un arsenal juridique les contraint. Près des côtes africaines, l’un de leurs équipages a essuyé les tirs de gardes-côtes libyens en août 2025.
Un voilier vient d’arriver au port de Lampedusa, le Nadir. Ceux qui aperçoivent les cinq lettres sur la coque peuvent y lire une référence à un prénom arabe signifiant « celui qui avertit », ou bien un terme astronomique désignant la position du Soleil à minuit. Soit le point le plus bas où l’on puisse se trouver, l’opposé du zénith. Il fait nuit et le navire vient d’accoster sous la statue de la Madonna di Porto Salvo, la « Vierge du port sûr ». Sainte patronne de Lampedusa, elle domine la rade depuis une éminence partagée avec le quartier général des gardes-côtes.
Depuis le début des années 2010, Lampedusa, petite île italienne située à une latitude plus basse que Tunis, est devenue le point d’arrivée de dizaines de milliers d’exilés. Ceux-ci se sont élancés des côtes de Libye ou de Tunisie.
Le Nadir a accosté. Affrété par l’organisation non gouvernementale (ONG) hambourgeoise ResQship, il rentre d’une mission de sauvetage. Dix-sept enfants, 10 femmes, 65 hommes vont débarquer. Ils sont originaires de Libye, de Palestine, du Soudan, de Somalie, du Pakistan, du Bangladesh, du Nigeria, d’Ethiopie, du Soudan du Sud, d’Egypte et d’Erythrée. En cette soirée de la fin du mois d’avril, après des jours de voyage en mer, partis des environs de Tripoli, ils touchent enfin terre. Quarante-sept d’entre eux ont été sauvés alors qu’ils étaient bloqués sur une plateforme pétrolière abandonnée. Sur le quai se trouvent des employés de l’Organisation internationale pour les migrations, du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, des agents de Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières, ainsi que des soignants chargés de contrôles sommaires.
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