Quand Jacques (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille) a suivi son ami Nathan Delacour pour un premier « social run », il y a environ six mois, il ne s’attendait à rien. « Je suis arrivé, je n’avais pas [l’application] Strava, pas de montre, j’étais à poil », se remémore le jeune homme de 25 ans, en courant sur les quais de Paris, entouré des membres du Paname Run Club (PRC). « Il venait courir avec son gros pull en laine », ajoute Nathan, 26 ans. Jacques acquiesce : « C’est vrai. Je ne savais pas qu’il fallait des tee-shirts qui respirent, et j’avais des baskets défoncées… »
Néanmoins, ce salarié d’une école d’ingénieurs s’est pris au jeu, et court aujourd’hui deux fois par semaine. Il a acheté une montre connectée, de meilleures chaussures. « Je me suis fait bouffer par le système, quoi ! », lance-t-il. « Après, quand tu commences à lâcher 1 000 euros pour des trucs, là ça devient inutile », dit-il en jetant un coup d’œil narquois à son ami, qui le reconnaît volontiers : « J’ai presque plus d’affaires de sport que d’affaires civiles. »
Nathan, « ultra-traileur accro », comme il se décrit lui-même, et Jacques, néocoureur, selon le terme consacré par les acteurs du secteur, font partie d’une génération – celle des 20-35 ans – qui remplit ces « social run clubs » d’un genre nouveau. Les participants s’y inscrivent pour faire des rencontres et pratiquer la course à pied dans un cadre convivial. Le plus souvent, participer à une séance est complètement gratuit, sans engagement, à l’image de la course à pied, activité particulièrement accessible – tout au moins en apparence.
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