Visiblement inquiet, jeudi 3 septembre, El País tire la sonnette d’alarme. “La marque Seat, qui compte soixante-seize ans d’histoire, est au bord de la disparition”, prévient le quotidien madrilène, qui relaie une indiscrétion venant de la presse allemande, et plus spécifiquement de WirtschaftsWoche.
Ce magazine économique assure avoir pu consulter un document confidentiel destiné au conseil de surveillance du groupe Volkswagen (dont Seat fait partie), qui se tiendra vendredi 4 septembre. Celui-ci affirmerait que la marque espagnole ne fait plus partie de la vision stratégique du groupe. Et que, par conséquent, les structures de production seraient optimisées sur le plan économique et transférées vers Cupra, la marque sœur, qui cible une clientèle jeune, sportive et à la recherche de produits haut de gamme.
En clair : on ne produirait plus du tout de Seat à l’horizon 2029. “Une décision fracassante”, commente outre-Rhin Bild, qui prend soin de préciser que Volkswagen n’a pas confirmé publiquement cette indiscrétion.
“On tue la marque avant l’heure”
Prudent, El País relaie à son tour le communiqué de la direction de Seat, qui reste volontairement vague sur le sujet. Après avoir rappelé que le groupe traverse des temps difficiles (en témoignent d’autres indiscrétions parues plus tôt dans l’été, qui parlent de 100 000 postes prochainement supprimés au sein de Volkswagen), Seat se prête à un savant exercice de langue de bois.
“Le groupe Volkswagen travaille sur un plan de transformation de l’activité du groupe tout entier, peut-on lire dans le communiqué. L’objectif est de faire en sorte que le groupe Volkswagen et ses marques respectives soient plus efficients, tout en profitant des synergies technologiques potentielles. Cette stratégie est débattue dans différentes réunions du conseil de surveillance.”
Plus loin, l’entreprise laisse entendre qu’aucune décision définitive n’a été prise concernant la disparition présumée de Seat. Mais cela n’a pas suffi à rassurer les travailleurs de la marque espagnole, indique Eldiario.es, qui relaie la réaction indignée de Matías Carnero, secrétaire général du syndicat UGT au sein du groupe. “L’éventuelle disparition de Seat est une bombe à retardement, car on annonce la fin de la marque plusieurs années à l’avance, ce qui nuit à sa réputation et à son image. Cela revient à tuer la marque avant l’heure”, résume-t-il, amer.
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