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Syndrome ovarien métabolique polyendocrinien : « Ce trouble féminin, orphelin thérapeutique, doit être identifié comme une priorité »

Depuis la description, en 1936, de cette maladie à l’origine inconnue, dont le nom a été changé en mai, aucun traitement n’a été développé, déplorent dans une tribune au « Monde » des médecins et des patientes.

Syndrome ovarien métabolique polyendocrinien : « Ce trouble féminin, orphelin thérapeutique, doit être identifié comme une priorité »
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Le 12 mai, au congrès européen d’endocrinologie de Prague, une maladie qui touche environ une femme sur dix et jusqu’à une sur cinq selon les critères retenus, a changé de nom. Le syndrome des ovaires polykystiques s’appelle désormais syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP). La décision, publiée dans The Lancet, a demandé quatorze ans de travaux, 22 000 contributions de patientes, de professionnels de santé et de personnes concernées, et l’accord de 56 sociétés savantes et associations de patientes.

La correction s’imposait car l’image dite « polykystique » des ovaires correspond en fait à des follicules dont la croissance s’est arrêtée ; il ne s’agit pas de kystes. Ce syndrome est la première cause d’infertilité féminine par anovulation, mais un orphelin thérapeutique. Son origine reste inconnue. Ses conséquences dépassent l’appareil reproducteur et touchent surtout la santé métabolique, avec un risque accru de diabète. Or, depuis sa description en 1936, aucun traitement n’a été développé ni autorisé pour ce syndrome.

Faute de mieux, les médecins prescrivent la pilule même en dehors de toute indication de contraception, pour régulariser les cycles. Ils prescrivent aussi des antiandrogènes, contre l’acné et la pilosité excessive (hirsutisme), liées au dérèglement des ovaires, qui produisent un peu trop d’androgènes. Certains se sont révélés dangereux, et leur prescription est désormais très encadrée. Pour réduire la résistance à l’insuline, la metformine, un médicament antidiabétique, est utilisée hors autorisation et sans recommandation précise.

Un parcours solitaire et erratique

En janvier, le Forum économique mondial rappelait que la santé des femmes, un marché estimé à 1 000 milliards de dollars, n’attire que 6 % de l’argent privé investi dans la santé. En mai, la région Ile-de-France a lancé ses premières Assises de la santé des femmes sur un constat voisin : moins de 2 % de l’innovation médicale vise les maladies féminines.

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