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Géopolitique

Synthèse de l'actualité internationale de septembre 2026

Ce qu'il ne fallait pas manquer de l'actualité internationale de septembre 2026. Une précieuse synthèse pour les passionnés de géopolitique, les candidats aux concours.... et leurs enseignants. - Transversaux / Monde, Union européenne, Allemagne , République populaire de Chine , Géopolitique

Synthèse de l'actualité internationale de septembre 2026
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Le sort des urnes

En Suède, les élections législatives de septembre 2026 laissent aux coudes à coudes la social-démocratie, la droite et l’extrême droite des Démocrates de Suède. La social-démocratie obtient 28% des suffrages exprimés, le parti conservateur des modérés remporte plus de voix que les Démocrates de Suède. Les partis doivent trouver des alliances pour former un nouveau gouvernement.

En Allemagne fédérale, les élections dans les länder s’enchaînent et se ressemblent pour le parti conservateur, la CDU du chancelier Friedrich Merz. La Saxe-Anhalt donne la victoire à l’AfD (Alternative für Deutschland) avec 43,8% des suffrages exprimés et une participation très élevée, à plus de 77%. Les autres partis recueillent bien moins de voix, la CDU seulement 17,2%, le SPD, die Grünen (Les Verts) et Die Linke (héritier de l’ancien parti communiste, un parti de gauche radicale) obtiennent autour de 9 à 8% des suffrages. Deuxième fait remarquable, l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), d’extrême-gauche, passe la barre des 5% ce qui lui permet d’être représentée au Parlement régional (landtag). La mobilisation des électeurs est suffisante pour donner une crédibilité à ce scrutin. Si ce land doit encore se donner un nouvel exécutif, les alliances politiques devant se nouer (s’organise un Brandmauer, un « cordon sanitaire » contre l’AfD d’extrême-droite) le signal est fort dans ce land de l’ex-RDA d’à peine plus de deux millions d’habitants. Ses habitants se sentent délaissés, dans une région frappée par la désindustrialisation et la pauvreté. Au-delà d’une très probable Ostalgie (nostalgie de la RDA car la réunification n’a pas tenu toutes ses promesses pour les Ossis), cette élection est d’abord une sanction de la politique du chancelier (y compris celle d’Angela Merkel qui a accepté en 2015 l’arrivée en Allemagne de plus d’un million d’immigrants depuis principalement la Syrie), et si l’on suit l’analyse du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, de celle de l’Union européenne. La classe politique allemande vit ce scrutin comme un tsunami car l’AfD pourrait prendre la direction de ce land. Ensuite, les élections du land septentrional du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale voient une nouvelle victoire électorale de l’AfD, alors que les sondages la donnaient au SPD socialiste. Avec 38,1% des suffrages, il est très peu probable que l’AfD puisse prendre la direction du Land dont est issue l’ancienne chancelière Angela Merkel. Ce qui est cette fois-ci spectaculaire est que la CDU recueillant moins de 5% des suffrages exprimés ne pourra pas être représentée dans le landtag : une défaite électorale cinglante et inédite dans l’Allemagne depuis la réunification (1990). Le SPD pourra probablement y nouer une alliance électorale, sans la CDU. Troisième élection, troisième défaite humiliante pour le chancelier : les élections à Berlin donne la victoire à Die Linke (25,7% des suffrages exprimés) devant la CDU à moins de 19% suivie de l’AfD à plus de 16% (en nette progression depuis les dernières élections), de Die Grünen qui obtient autour de 14% et du SPD autour de 12% des voix. La capitale allemande pourrait être dirigée par la gauche radicale avec le soutien du SPD et des Verts. La position du chancelier Merz est donc affaiblie, par trois scrutins qui doivent être pris pour ce qu’ils sont, une opposition clairement exprimée à sa politique intérieure mais aussi à sa politique étrangère.

En Russie, ce même mois de septembre 2026, les élections législatives donnent une victoire, sans surprise aucune, au parti du président Vladimir Poutine.

Au Maroc, les élections législatives de septembre 2026 sont marquées par une forte abstention, avec un taux de participation de moins de 40% ce qui entache la légitimité du sort des urnes. Le Parti authenticité et modernité (PAM), déjà au gouvernement, est arrivé en tête des suffrages exprimés. Il remporte 97 des 395 sièges du Parlement, devant en deuxième et troisième positions, les deux autres partis au pouvoir dans une coalition le Rassemblement national des indépendants (RNI) et l’Istiqlal. A noter que le parti islamiste et frériste le Parti de la justice et du développement (PJD) aura quatre fois plus de députés que lors de la précédente législature.

Le sort de Groenland

Washington vient de signer un accord avec le Groenland, qui bénéficie d’un statut d’autonomie au sein de la couronne du Danemark. Les Etats-Unis ont convoité le Groenland à plusieurs reprises. Après y avoir installé une base militaire en 1941, dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, le président Truman propose à Copenhague d’acheter le Groenland pour 100 millions de dollars or. En 1951, Danemark et Etats-Unis, membres de l’OTAN signent un accord remettant la défense du Groenland dans les mains de Washington. En 2019, le président Donald Trump signifie sa volonté d’acheter le Groenland, annonce qu’il réitère en 2025. Les Américains y disposent d’une base militaire aérienne à Thulé, devenu base spatiale de Pituffik. Après une année de relations houleuses entre Washington et Copenhague, le président des Etats-Unis annonce avoir signé un accord qui lui permettra d’ouvrir de nouvelles bases militaires, probablement d’ exploiter les richesses minières, d’interdire à la Chine et la Russie de s’y implanter militairement. La défense du Groenland relevait déjà des Etats-Unis, qui finalement n’achètent pas l’île, mais pourront mieux surveiller la circulation maritime qui augmente en Arctique, les bâtiments chinois y sont de plus en plus nombreux.

L’espace… en France

Washington reconnaît avoir des armes en orbite. Cette déclaration n’est pas sans rappeler le « dôme d’or » ou « golden dôme », bouclier anti-missiles voulu par le président Donald Trump, c’est-à-dire des intercepteurs capables de contrer des tirs ennemis. Cette militarisation de l’espace en fait un champ de conflictualité à part entière. La Chine et la Russie la condamnent.

Paris accueille le premier sommet de l’espace qui réunit 90 pays, lors duquel Ariane 6 a décroché plusieurs contrats, le projet IRIS2 de constellation européenne continue à avancer, et des annonces sont faites pour promouvoir les acteurs européens de l’espace. Ce secteur a été bouleversé par les entreprises américaines et les Européens doivent enclencher une nouvelle dynamique.

L’Intelligence artificielle en question

Le ministère australien de la Santé a été victime d’un piratage de son site informatique de statistiques par un « agent autonome » d’OpenAI, la firme de Sam Altman l’aurait détecté seulement plusieurs mois après et tardé à en informer les autorités australiennes. Les progrès récents de l’Intelligence artificielle ne sont pas sans inquiéter car les piratages « autonomes » se multiplient, comme celui d’Hugging face (racheté par NVidia) attaqué par une IA autonome d’OpenAI et contré par une IA chinoise.

Le Conseil de sécurité de l’ONU, à l’initiative de la France, réfléchit à une possible régulation de l’Intelligence artificielle et pour cela a auditionné les patrons d’OpenAI (S. Altman) et d’Anthropic (Dario Amodei). L’IA suscite une « grande peur », la plus extrême étant celle d’une apocalypse - comme celle du scénario du film Terminator- plus généralement la crainte principale est la perte de contrôle. Le pionnier de l’intelligence artificielle, Yoshua Bengio, estime que les trois principaux risques sont les usages malveillants (armes...), la domination de quelques firmes de l’IA et une superintelligence artificielle qui prendrait le dessus sur l’humanité. La décision doit rester humaine, une coopération internationale est essentielle, car l’IA est clairement un enjeu de sécurité mondiale, reconnaît le patron d’Anthropic. Le président des Etats-Unis dénie tout danger existentiel de l’IA, quand le dirigeant chinois estime qu’il s’agit d’une manœuvre pour discréditer la Chine... Ces craintes relèvent-elles d’un « marketing de la peur » ? Vingt-deux pays appellent les entreprises de l’IA d’aboutir à des « protocoles de sécurité transparents ».

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Dr. Axelle Degans
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