Ryan Murphy ne chôme pas. Après avoir mis en scène le monde de la mode et ses dérives dans The Beauty, mise en ligne en janvier, et coproduit en mars Love Story, sur le mariage de John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette, il est de retour avec The Shards, série cocréée avec le romancier Bret Easton Ellis. De nouveau, l’univers est très glamour, avec pour décor le Los Angeles du début des années 1980. Et, là aussi, les tragédies vont très vite bousculer le monde très privilégié d’Ellis et de ses camarades.

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“C’est souvent absurde et toujours mélodramatique – ce qui n’est pas forcément un reproche –, mais si vous cherchez une minisérie soignée sur des enfants (et des adultes) qui sniffent de la cocaïne, sur des meurtres, des mutilations d’animaux, du sexe et des voitures de sport dans le Los Angeles de la Nouvelle Vague, avec des évocations de Hamburger Hamlet et d’Orange Julius [respectivement une chaîne de restaurants et une boisson emblématiques de la ville à cette époque] et une excellente sélection de chansons d’époque sur la bande originale, vous ne trouverez pas mieux”, assure le Los Angeles Times.

Un mystérieux serial killer

Sexe, drogues, meurtres. Le cocktail inspire nombre de séries portant sur cette période si fascinante qu’est la fin du lycée, davantage encore lorsque cela se déroule chez les plus privilégiés, et The Shards, disponible sur Disney+ depuis le 5 août, devrait plaire aux fans d’Élite ou d’Euphoria.

Inspiré du roman autobiographique de Bret Easton Ellis, l’auteur d’American Psycho (Les Éclats, sorti en 2023, et traduit chez 10/18), la série suit Ellis (incarné par Igby Rigney), un aspirant écrivain qui raconte en voix off cette année très étrange que fut 1981 pour son lycée très élitiste, Buckley School, alors que des disparitions de jeunes femmes puis d’hommes suscitent l’inquiétude. La série ravive ainsi le souvenir d’une décennie durant laquelle la ville californienne a été le terrain de nombre de tueurs en série.

Et le casting compte deux noms issus d’un monde tout aussi hollywoodien que le fictionnel, qui vient renforcer l’aspect méta de cette autofiction : Kaia Gerber et Homer Gere, la première étant la fille du top-modèle Cindy Crawford, le second le fils de Richard Gere.

Ils incarnent respectivement Susan Reynolds, meilleure amie d’Ellis, qui incarne la perfection, très belle et très brillante à l’école, et Robert Mallory, un mystérieux et beau nouveau venu, qui inspire autant d’attraction que de méfiance de la part d’Ellis.

Un univers d’artifices

Tout paraît artificiel dans cet univers de maisons luxueuses, où les adultes semblent tous absents. Et ce pour le meilleur comme le pire, avertit The Hollywood Reporter.

Alors que rôde un tueur en série, “l’atmosphère est étrange, mais jamais vraiment effrayante ; c’est une série sans effusion de sang malgré les victimes mutilées du chalutier. Vous n’apprécierez aucun personnage”, estime le magazine. Peu convaincu, il estime que l’empathie pour les personnages est totalement désamorcée dans cette adaptation qui foisonne d’idées mais manque de cohérence.

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Si The Shards ne convainc pas la majorité des critiques américains, The Spectator, de l’autre côté de l’Atlantique, est particulièrement enthousiaste. Jugeant l’ensemble “à la fois réel et irréel”, l’hebdomadaire britannique recommande vivement la série, car elle dépeint “enfin les années 1980 telles que vous auriez presque aimé les vivre : du sexe à n’en plus finir avec des personnes magnifiques, des jacuzzis, des voitures de sport, des cocktails, des costumes impeccables, des répliques cinglantes débitées avec nonchalance, du tennis, des chevaux…”.