La Maison Blanche a annoncé, jeudi 16 juillet, la suspension de l’un de ses agents chargé du prompteur de Donald Trump. Suspecté d’avoir parié sur le contenu de ses discours qu’il connaissait à l’avance, cet agent a été suspendu « sans solde », a déclaré Karoline Leavitt, la porte-parole de l’exécutif américain, lors d’un point presse. Elle a ajouté que le président américain trouvait la situation « vraiment regrettable et, honnêtement, une honte ».
Le média américain ABC News avait rapporté, plus tôt dans la journée de jeudi, que le technicien chargé du prompteur, qui travaillait déjà pour Donald Trump pendant son premier mandat, avait gagné plus de 100 000 dollars (plus de 87 000 euros) grâce à ses paris. Il utilisait la plateforme de prédiction Kalshi, qui permet notamment aux internautes de parier sur la possibilité qu’une phrase ou un mot soient prononcés.
« Notre équipe de surveillance a rapidement signalé ces transactions et les a transmises à la CFTC », un régulateur financier américain, a réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP) un responsable de l’entreprise de paris, Robert DeNault. « Nous avons apporté notre aide aux autorités de régulation dans cette affaire et leur avons fourni les éléments de preuve que nous avions recueillis, comme nous le faisons dans tous les cas de saisine », a-t-il ajouté.
Des soupçons de délits d’initiés aux Etats-Unis
De plus en plus importants − des dizaines de milliards de dollars y circulent chaque année −, les marchés de prédiction sont dominés par deux acteurs : Polymarket et Kalshi. Ils sont, pour l’heure, régulés aux Etats-Unis par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), spécialisée dans les produits financiers. Ils diffèrent en cela du reste du secteur des jeux d’argent, contrôlé de façon étroite par les Etats américains.
Outre-Atlantique, les soupçons de potentiels délits d’initiés se sont multipliés ces derniers mois. Plusieurs comptes avaient ainsi engrangé environ 1,2 million de dollars (soit environ 1,05 million d’euros) de bénéfices en pariant, souvent en cryptomonnaies, sur la date du déclenchement des opérations militaires américaines contre l’Iran, quelques heures seulement avant les premières frappes.
Les plateformes de prédiction sont interdites en France et dans plusieurs pays européens.