Endeuillée, la wilaya de Jijel paie un lourd tribut aux incendies ravageurs qui s’y sont déclarés en fin de semaine dernière. Le 28 août, les habitants ont dû enterrer 39 victimes dans une fosse commune, en présence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, dépêché sur les lieux par le président, Abdelmadjid Tebboune, rapporte le journal panarabe Asharq Al-Awsat. À elle seule, la localité de Djemaa Beni Habibi déplore 73 victimes, selon cette même source.

Ces incendies, concentrés sur la bande côtière et montagneuse du centre et de l’est du pays, ont atteint les villages où se trouvait une importante population. Selon Asharq Al-Awsat, les feux ont ravagé 80 % du territoire forestier “d’une région qui se distingue par ses forêts et ses montagnes verdoyantes”, devenue une destination touristique de premier plan. Les autorités affirment que la plupart des incendies ont été maîtrisés.

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Journaliste spécialisée dans l’analyse des données, Nezha Khellaf a recensé 200 morts dans les incendies de Jijel, indique Twala dans sa version arabe. Elle s’est appuyée sur les avis de décès, ainsi que sur les publications des proches des victimes sur les réseaux sociaux et des listes locales. Twala, qui publie une liste des personnes décédées, assure que le bilan est loin d’être définitif. Sur le terrain, le Croissant-Rouge algérien a lancé un appel aux dons et des convois se sont dirigés vers les régions de Skikda, Jijel et Annaba, indique le journal d’État El-Moudjahid.

Peine de mort pour les pyromanes

En déplacement samedi 29 août à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda, Abdelmadjid Tebboune a considéré qu’il y avait “quelque chose de criminel dans ces incendies”, rapporte le site d’information algérien TSA. Que le feu démarre avec cette force, ce n’est pas normal”, a-t-il poursuivi. Le 30 août, le président algérien a demandé le rapide rétablissement de l’application de la peine de mort contre les pyromanes, note Le Matin d’Algérie. Celle-ci est inscrite dans le Code pénal algérien, mais fait l’objet d’un moratoire depuis 1993.

“La justice doit identifier les éventuels incendiaires, mais elle doit aussi pouvoir établir, sans considération de rang ou de fonction, les responsabilités résultant d’éventuels manquements dans la chaîne de prévention et de gestion de la crise”, commente le site d’information, qui explique qu’au-delà des réponses judiciaires extrêmes, l’heure est à l’indemnisation de “ceux qui ont tout perdu”.

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Twala estime aussi que ces incendies révèlent la “vulnérabilité” des régions touchées. Il n’est pas possible de continuer à “attribuer au sommet le mérite de chaque initiative lorsque l’action réussit, puis disperser les responsabilités lorsque la crise révèle des défaillances”, poursuit le site d’information indépendant.

Pour Le Provincial, les incendies du 26 et 27 août sont aussi un drame écologique, alors que Jijel est “le poumon vert de l’Algérie”. Le journal estime que “le préjudice écologique s’étendra encore sur des années”.