À bien des égards, Mo Dewji est une anomalie. Ce magnat charismatique est le seul milliardaire d’Afrique de l’Est et le plus jeune sur le continent. Contrairement aux autres géants des grandes entreprises africaines, cet homme de 51 ans est à l’aise face aux médias.

À d’autres points de vue, M. Dewji, qui possède le MeTL Group, un conglomérat tanzanien fondé par son père dans les années 1970, est un entrepreneur africain comme les autres. La plupart des sociétés africaines sortent du même moule : ce sont des entreprises familiales.

“On commence à voir des conglomérats de plus en plus gros qui appartiennent à des Africains”, commente Acha Leke, président de McKinsey pour l’Afrique.

Les deux tiers des entreprises du continent dont le chiffre d’affaires dépasse 1 milliard de dollars [860 millions d’euros] sont détenues par des Africains et possèdent leur siège en Afrique. Désormais, les filiales de multinationales étrangères, qui dominaient autrefois l’économie africaine, représentent à peine 30 %.

D’ambitieux magnats

Pour de nombreux étrangers, l’essor de l’Afrique des grandes entreprises est associé à Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique. Cet industriel nigérian, qui a des intérêts aussi bien dans le ciment que dans les engrais, et ce dans dix-sept pays d’Afrique, a ouv