L’histoire prête à sourire. C’est le média Politico Europe qui la raconte. À la fin du mois de mai, une ressortissante britannique a dû subir un bref interrogatoire de police, alors qu’elle souhaitait prendre un vol pour rentrer au Royaume-Uni depuis Cluj-Napoca, en Roumanie. Les autorités locales accusaient cette femme, dont Politico préserve l’identité, d’avoir séjourné illégalement dans l’espace Schengen, “au motif que son départ n’avait pas correctement été enregistré lors d’un précédent séjour à Amsterdam, en avril 2026”.

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Le problème, poursuit l’édition bruxelloise du média américain, c’est qu’elle n’est pas allée à Amsterdam en avril 2026. “Mais sa sœur jumelle, oui”, indique Politico.

Il semblerait donc que la version numérique du système d’entrée/de sortie de l’Union européenne (UE), qui promettait de “faire entrer les voyages dans le XXIᵉ siècle”, ait en fait “du mal à faire la différence entre des jumelles identiques”, se moque le journaliste de Politico, Jon Stone.

Failles techniques

Entré en vigueur le 10 avril, ce dispositif vise à enregistrer les ressortissants de pays tiers voyageant pour un court séjour au sein des frontières communautaires. Plutôt que de se voir apposer un tampon physique sur leur passeport, les visiteurs provenant d’États “hors de l’UE et de l’espace Schengen” sont enregistrés dans un système informatique qui récolte leurs “données biométriques”, précise Politico.

Toutefois, depuis la mise en œuvre de cet outil, certains passagers accusent des retards, car ils doivent “faire la queue pour se soumettre à un scan facial et à la prise d’empreintes digitales”, relate le portail d’information. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a reconnu elle-même que le système souffrait de “problèmes techniques” à résoudre.

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Pour ce qui est du sort de la Britannique bloquée temporairement à Cluj-Napoca, Politico suggère deux hypothèses : soit sa sœur jumelle a été mal enregistrée à Amsterdam – “ce qui est plausible étant donné que la date du voyage, le 12 avril, est très proche de la date de mise en service du système informatique, le 10 avril” –, soit les autorités roumaines ont mal fait leur travail.

Après la publication de l’article, la police des frontières roumaines a transmis des explications à Politico. Elle assure que le nouveau système européen “a bien fonctionné”, mais que les données numériques auraient dû être “révisées” par un agent, ce qui n’a pas été fait. Une formation spécifique doit être dispensée au personnel en charge du contrôle aux frontières, affirme-t-elle au média anglophone.